Les dix-neuf ministres des Finances de la zone euro feront le point sur la situation macroéconomique toujours marquée par une très forte inflation et un ralentissement de la conjoncture, deux phénomènes exacerbés par l'invasion russe de l'Ukraine, lundi 3 octobre à Luxembourg, en présence du Secrétaire général de l'OCDE, Mathias Cormann.
L'Eurogroupe pourrait émettre une déclaration sur les politiques budgétaires idoines face à une telle situation, mettant à jour sa précédente déclaration adoptée en juillet (EUROPE 12990/15).
D'après une source européenne, la priorité est à la définition de politiques non inflationnistes qui ne compliquent pas davantage la tâche de la BCE engagée dans une remontée de ses principaux taux directeurs. Cela passe par l'adoption de mesures urgentes de soutien ciblées et temporaires aux catégories de personnes et aux entreprises affectées par la flambée des prix énergétiques, et des mesures qui ne provoquent pas d'effet de second tour, à savoir des augmentations des salaires qui alimenteraient la hausse des prix.
Les ministres devraient aussi constater la robustesse de l'économie de l'Eurozone, avec un chômage historiquement bas, même si le risque d'une récession, à moyen terme, ne peut plus être écarté en cas de rupture totale des livraisons de gaz russe.
L'Eurogroupe fera brièvement le point sur les aspects spécifiques à la zone euro de la Facilité européenne de relance et de résilience (RRF), l'instrument central du Plan de relance européen Next Generation EU. Il s'agira ici d'insister sur la cohérence du Plan de relance européen avec l'orientation budgétaire au niveau de la zone euro.
Euro numérique. Les ministres auront un nouvel échange de vues sur le projet pilote relatif à la création d'un euro numérique à l'horizon 2026. Sera abordé le rôle du secteur privé, et du cadre réglementaire que les intermédiaires financiers participant à la mise en place de la plateforme numérique dédiée devront respecter. L'Eurogroupe pourrait adopter une déclaration sur l'euro numérique d'ici à fin 2022.
L'Eurogroupe préparera également les réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, qui auront lieu à partir du lundi 10 octobre à Washington. Ils s'interrogeront sur l'opportunité de faire évoluer la position traditionnelle des grands argentiers mondiaux relative aux taux de change, selon laquelle les taux sont déterminés par les marchés et toute volatilité excessive étant indésirable.
MES. Lundi, les Dix-neuf devront trouver un accord sur la personnalité qui remplacera Klaus Regling à la tête du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, à partir du 7 octobre.
La semaine dernière, les deux candidats encore en lice - le Luxembourgeois Pierre Gramegna et le Portugais João Leão - avaient jeté l'éponge, aucun n'étant en mesure d'obtenir la supermajorité de 80% des voix nécessaire (EUROPE 13025/27). L'Allemagne et la France, qui disposent chacune d'un droit de veto, soutenaient des candidats différents.
« Nous ferons en sorte qu'il n'y ait pas de vacuité du siège », a assuré cette source européenne. (Mathieu Bion)