Les eurodéputés de la Commission spéciale sur l'ingérence étrangère dans les processus démocratiques de l'UE (INGE2) ont interrogé la ministre des affaires numériques de Taïwan sur les manières de contrer la désinformation, jeudi 29 septembre. Le Président de cette sous-commission, Raphaël Glucksmann, a loué les efforts de Taïwan dans ce domaine : « Nous sommes dans le même bateau, mais vous êtes parfois à l'avant du bateau et nous traînons un peu derrière ».
Taïwan fait face à de nombreuses campagnes de désinformation provenant de Pékin et a élaboré toute une contre-offensive pour protéger sa démocratie. Les eurodéputés se sont montrés curieux face à ces techniques, notamment en vue des élections européennes de 2024, mais aussi dans le contexte de la guerre en Ukraine.
Audrey Tang a partagé quelques pistes qui se sont révélées fructueuses, selon elle, pour protéger la démocratie taïwanaise. Elle a mis en avant un système de « partenariat peuple-public-privé » ('people public private partnerships') pour lutter contre les fausses informations. « Les citoyens établissent des normes, le secteur public les amplifie, et le secteur privé les met en œuvre », a-t-elle expliqué.
Taïwan a notamment expérimenté ce fonctionnement pour lutter contre la désinformation autour de la Covid-19. Ce modèle renforce la démocratie en faisant confiance aux citoyens pour élaborer les politiques, selon la ministre taïwanaise.
Une autre clé majeure dans cette lutte réside dans l'éducation, a insisté Mme Tang. Le gouvernement de Taipei investit dans les compétences numériques de jeunes. « Plus les jeunes exercent la démocratie tôt, plus leurs voix comptent, plus ils contribuent aux processus démocratiques et moins ils sont influencés par la désinformation », selon la ministre. (Léa Marchal)