La commission spéciale du Parlement européen sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, y compris la désinformation (INGE 2), s’est réunie exceptionnellement, jeudi 29 septembre. Avec la commission des affaires étrangères (AFET), la sous-commission 'sécurité et défense' (SEDE) et la délégation à la commission de coopération parlementaire UE-Russie, les députés ont échangé sur les techniques employées par le Kremlin pour propager de la désinformation et l’impact de celle-ci sur les processus démocratiques européens. Michael Sheldon (Bellingcat) et Ross Burley (cofondateur et directeur exécutif du Centre for Information Resilience) étaient conviés à partager leur expertise.
Selon Michael Sheldon, la désinformation russe sur la guerre en Ukraine s'organise en deux volets. D'une part, elle suit un objectif de long terme, qui vise à dépeindre l'Ukraine (son emploi des armes, les réfugiés) comme un danger pour l'Occident. D'autre part, elle répond à court terme en jetant un voile de confusion. Tous deux ont insisté sur l'importance de distinguer la désinformation et des opérations d'influence.
« La désinformation n'est qu'un tentacule de la pieuvre. La Russie utilise ses outils politiques, économiques et militaires pour répandre son influence et perturber [...] le monde entier », a déclaré M. Burley. Selon lui, la promotion des données ouvertes (open source) peut permettre de combattre la désinformation et de faire réémerger la vérité dans le monde numérique. Enfin, il a mis en garde contre l'influence russe en dehors de l'Union européenne, qui, jouant sur l'émotionnel et les analogies entre la situation actuelle et le colonialisme, est plus difficile à contrer. (Hélène Seynaeve)