La Commission européenne a annoncé, jeudi 15 septembre, l’adoption de mesures pour fermer l’accès de 87 zones sensibles à tous les engins de fond dans les eaux communautaires de l'Atlantique du Nord-Est.
L’acte d’exécution limitant la pêche en eau profonde dans certaines zones pour protéger les écosystèmes marins vulnérables entrera donc bien en vigueur vers fin septembre, comme annoncé en juillet par la Commission (EUROPE 12992/8).
Fondé sur le règlement de 2016 établissant des conditions spécifiques pour la pêche des stocks d'eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est (EUROPE 12986/16) et sur l'avis du Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), le nouveau règlement (acte d’exécution) protège 57 écosystèmes vulnérables en eaux profondes tout en visant à perturber le moins possible les activités de pêche.
Pour Virginijus Sinkevičius, commissaire responsable de l'Environnement, des Océans et de la Pêche, en fermant l’accès des engins de pêche de fond à 17% de la zone située entre 400 et 800 mètres de profondeur dans les eaux communautaires de l'Atlantique du Nord-Est, « nous tenons notre engagement visant à protéger et à restaurer la vie marine et, quatre années plus tard, nous mettons enfin en œuvre l'une des principales dispositions du règlement sur l'accès aux eaux profondes ».
La zone de fermeture se situe au large des côtes de l’Irlande, de la France, du Portugal et de l’Espagne, au-delà de 400 m de profondeur.
La zone totale de fermeture correspond à 16 419 km2 réservés à la protection des écosystèmes marins vulnérables au-dessous de 400 mètres. Cela représente 1,16% des eaux communautaires de l'Atlantique du Nord-Est.
Les fermetures concernent les navires équipés d'engins de fond, c'est-à-dire les chaluts de fond, les dragues, les filets maillants de fond, les palangres de fond, les casiers et les pièges. La mesure a été élaborée à l'issue de consultations approfondies avec les États membres et les acteurs concernés, notamment le secteur de la pêche et les ONG, au cours des deux dernières années.
Après l'interdiction du chalutage de fond en dessous de 800 mètres, introduite en 2016, ces fermetures offrent une protection supplémentaire pour aider à restaurer les écosystèmes marins vulnérables tels que les récifs coralliens des eaux froides, les monts sous-marins et les failles en eaux profondes.
L'acte d'exécution adopté entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel de l'Union européenne et sera immédiatement applicable à tous les navires des États membres de l'UE et des pays tiers opérant dans les eaux de l'UE.
Les ONG applaudissent. Les ONG, dont Oceana, ont salué l’adoption de ces mesures et demandent une interdiction progressive du chalutage de fond. « C’est un jour de joie. Les écosystèmes remarquables au-delà de 400 mètres de profondeur vont enfin pouvoir souffler et cesser de se faire broyer par des énormes engins industriels », a commenté l’ONG Bloom. (Lionel Changeur)