Face aux menaces russes ou chinoises, la Commission européenne persiste : « Il est temps d'investir dans le pouvoir des démocraties. Ce travail commence avec le groupe de pays partageant les mêmes valeurs : nos amis dans chaque nation démocratique du monde », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de son discours sur l'état de l'Union, mercredi 14 septembre.
Du plus proche au plus éloigné, la présidente considère d'abord qu'il faut soutenir les pays candidats à l'UE. « Je veux dire aux peuples des Balkans occidentaux, de l'Ukraine, de Moldavie et de Géorgie : 'Vous faites partie de la famille, votre avenir se trouve dans l'Union, et notre Union n'est pas complète sans vous' ».
En juin, le Conseil européen a octroyé le statut de candidat à l'Ukraine et à la Moldavie et a « reconnu la perspective européenne » de la Géorgie (EUROPE 12978/1). La présidente n'a pas donné plus de détails sur l'avancement des travaux vers l'élargissement.
Par ailleurs, elle a donné son soutien à l'idée de communauté politique européenne (EUROPE 12955/24), autour de laquelle la Commission devrait soumettre ses réflexions au Conseil européen, a-t-elle précisé.
Utiliser le 'Global Gateway'
Au-delà des voisins, Mme von der Leyen a insisté sur le besoin de s'engager dans des pays plus éloignés pour s'attaquer aux grands défis mondiaux. Cela passe par une présence et des investissements accrus à l'étranger et, donc, par l'initiative 'Global Gateway' (EUROPE 12844/7). L'UE doit investir en Afrique ou encore en Amérique latine pour contrer d'autres influences comme la Chine.
La présidente a annoncé qu'elle organiserait, avec le président américain, Joe Biden, un sommet de dirigeants « pour analyser et annoncer des projets de mise en œuvre » concernant les investissements d'ampleur.
Renforcer les échanges commerciaux
La présidente a rappelé l'importance, selon elle, d'avoir des partenaires commerciaux variés. « Nous devons éviter de nous retrouver à nouveau dans des situations de dépendance comme pour le gaz et le pétrole. C'est ici que la politique commerciale entre en jeu ».
Elle a assuré aux députés vouloir pousser la ratification des accords commerciaux avec le Chili, le Mexique et la Nouvelle-Zélande. Les négociations du dernier ont été formellement conclues en juin (EUROPE 12984/10). Pour le Chili et le Mexique, les négociations sont techniquement terminées, mais la conclusion formelle n'a pas encore eu lieu.
La présidente n'a pas mentionné l'accord commercial avec les pays du Mercosur, moins ambitieux que celui avec la Nouvelle-Zélande (EUROPE 13017/20).
Elle ne s'est pas penchée non plus sur les relations avec la Chine dans son discours. Interrogée à ce sujet par Reinhard Bütikofer (Verts/ALE, allemand), président de la délégation pour les relations avec la Chine au PE, elle s'est contentée de répondre : « Le fait que la Chine et la Russie aient signé un contrat d'amitié illimitée est parlant ».
Voir la lettre d'intention de la Commission : https://aeur.eu/f/32a (Léa Marchal)