L'UE poursuit son chemin pour s'imposer davantage au niveau mondial, en lançant sa nouvelle stratégie de connectivité nommée « Global Gateway », le 1er décembre. Pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, « la stratégie Global Gateway est un modèle qui peut montrer comment l'Europe peut construire des connexions plus résilientes dans le monde ».
Il s'agit pour la Commission de montrer l'ensemble des investissements d'infrastructures qu'elle a l'intention de soutenir dans le monde, « dans un paysage mondial de plus en plus complexe ». Si la communication conjointe ne mentionne pas la Chine, Mme von der Leyen a estimé devant la presse que les pays tiers avaient besoin d'offres différentes et meilleures que celle proposée par Pékin.
« Les pays ont fait leur expérience avec les investissements chinois. Et ils ont besoin d'offres meilleures et différentes. (...) Ils savent que nous sommes transparents, avec une bonne gouvernance ; ils savent qu'il n'y aura pas de dette insoutenable ; ils savent que c'est avec le pays lui-même que nous concevons le projet (...) et que nous apportons en plus le secteur privé avec nous, un secteur privé qui n'existe pas en Chine. Il s'agit donc d'une véritable alternative », a-t-elle expliqué.
De son côté, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé qu'avec ce Global Gateway, « nous réaffirmons notre vision d'un réseau augmenté de connexions, qui doivent être basées sur des standards internationaux acceptés et des règles afin de fournir des conditions équitables ».
Concrètement, le Global Gateway doit soutenir les investissements dans cinq secteurs : le numérique, l'énergie et le climat, les transports, la santé et l'éducation et la recherche. Il s'agira, par exemple, de financer des infrastructures physiques telles que des câbles de fibre optique, des couloirs de transport, des lignes de transmission pour l'énergie, etc. Pour cela, l'UE compte investir jusqu'à 300 milliards d'euros jusqu'en 2027 (dont 60 milliards déjà annoncés dans le cadre des plans d'investissements avec les pays des Balkans occidentaux et des pays de la Méditerranée).
Dans sa communication, la Commission insiste sur le fait que ces projets d'infrastructures devront soutenir les principes de démocratie, de bonne gouvernance, de transparence, d'égalité avec les partenaires, de transition verte, de sécurité, et soutenir le secteur privé.
« Nous voulons montrer que cette stratégie peut satisfaire les besoins locaux, s'attaquer aux défis mondiaux, tout en bénéficiant à l'UE », a affirmé Mme von der Leyen.
Financement
Les fonds permettant de financer ces infrastructures viendront, d'une part, de bourses accordées par l'instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (NDICI), à hauteur de 18 milliards d'euros. D'autre part, l'UE accordera jusqu'à 21 milliards d'euros de garanties, qui peuvent générer 135 milliards d'euros d'investissements, via le Fonds européen pour le développement durable (FESD+). Enfin, les institutions financières européennes comme la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ou la Banque européenne d'investissement (BEI), ainsi que celles des États membres soutiendront 145 milliards d'euros d'investissements.
Avec cette initiative, la Commission s'appuie sur certains programmes européens existants et regroupe les différentes possibilités de financement qui peuvent contribuer aux objectifs du Global Gateway. Selon un fonctionnaire européen, il faut absolument « remplir certains trous dans les investissements actuels afin de répondre aux besoins d'infrastructures vertes et propres ».
Voir la stratégie : https://bit.ly/3pAtPcv (Léa Marchal avec Camille-Cerise Gessant)