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Bulletin Quotidien Europe N° 12844
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SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Les Alliés tirent les leçons de la crise afghane

Les ministres des Affaires étrangères des pays alliés sont convenus, mercredi 1er décembre, lors de leur réunion à Riga, des leçons à tirer de la situation en Afghanistan, afin de pouvoir améliorer la façon dont l'OTAN planifie et mène les futures opérations de gestion des crises tant au niveau politique que militaire.

Si vingt ans d’opérations en Afghanistan ont permis qu’aucun attentat fomenté sur le sol afghan ne se produise dans un des pays alliés, l’ambition d’édifier un pays stable a été beaucoup plus délicate à concrétiser, convient l’Alliance.

Ainsi, d’après une fiche d’information de l’OTAN, « à l’avenir, au moment de planifier et de mener des opérations, les Alliés devraient en permanence évaluer les intérêts stratégiques, rester éminemment conscients des dangers liés à l’élargissement d’une mission, et chercher à éviter de prendre des engagements allant bien au-delà des tâches fixées ».

L’Alliance devrait définir des objectifs « réalistes et réalisables » et rechercher une participation accrue d’autres acteurs internationaux mieux à même de produire des résultats non militaires sur le terrain (ex. : scolarisation des filles), ajoute le document.

Devant les médias, à l’issue de la réunion, le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, a estimé qu’il était « clair que la gestion des crises (devait) rester une tâche essentielle de l'OTAN » et que celle-ci devait veiller à ce que ses niveaux d’ambitions restent raisonnables.

Alors que, sans la présence alliée, les forces afghanes n’ont tenu que quelques jours face aux talibans, M. Stoltenberg a estimé que l’Alliance devait s’assurer que lorsqu’elle forme et renforce les capacités locales, elle permette à ces forces d'être autonomes et de ne pas dépendre totalement de l’OTAN. L’objectif est qu’au départ de l’Alliance, ces forces soient en mesure de soutenir leurs propres efforts et leur présence.

La fiche d’information estime aussi qu’il est important que les futures missions de formation, de conseil et d’assistance prennent en considération les normes politiques et culturelles du pays hôte, ainsi que l’aptitude de la société en question à absorber le renforcement des capacités et la formation.

Et si les consultations menées sur l’avenir de la mission ont été « ouvertes et sincères », M. Stoltenberg a estimé que les Alliés auraient bénéficié de discussions plus significatives sur les négociations de l'accord entre les États-Unis et les talibans conclu en février dernier.

De plus, si le pont aérien de Kaboul, en août, a démontré la capacité de l’Alliance à soutenir une opération d'évacuation massive, « à l'avenir, nous devrions étudier les moyens de renforcer la capacité de l'OTAN à mener des opérations d'évacuation de non-combattants à grande échelle et sur court préavis, soit par le biais de la Force de réaction de l'OTAN, soit en tant que force autonome », a ajouté le secrétaire général.

La fiche d’information note aussi que les missions en Afghanistan ont favorisé l’intégration politique et l’interopérabilité militaire des forces des Alliés et des partenaires, accroissant ainsi la force politique et les capacités de combat globales de l’Alliance. « L’OTAN devrait examiner comment maintenir le niveau d’interopérabilité militaire et de dialogue politique atteint grâce à la coopération avec les partenaires d’opération en Afghanistan », selon le document.

Coopération avec l’UE dans les Balkans occidentaux

Par ailleurs, les ministres ont discuté, en présence de leurs homologues finlandais et suédois et du Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, de la situation dans les Balkans occidentaux.

« L'OTAN continuera de promouvoir la stabilité, la sécurité et la coopération dans la région, et nous sommes convenus de l'importance de notre présence, y compris notre mission KFOR au Kosovo et nos bureaux à Sarajevo et Belgrade », a expliqué M. Stoltenberg. Selon lui, la coopération avec l’UE reste essentielle et les deux organisations continueront à œuvrer pour préserver la stabilité et soutenir les réformes.

Interrogé sur les tensions en Bosnie-Herzégovine, le secrétaire général a prévenu que l’Alliance ferait son possible pour empêcher que les forces armées bosniennes, multiethniques, soient démantelées, alors que le dirigeant de la Republika srpska, Milorad Dodik, a annoncé la création prochaine d’une armée propre à l’entité serbe du pays. « Nous ferons tout ce que nous pouvons pour empêcher que cela ne se produise, parce que nous avons besoin d'institutions multiethniques, d'institutions étatiques, y compris les forces armées. Nous allons donc nous concentrer et continuer à travailler avec la Bosnie-Herzégovine », a-t-il promis.

Enfin, les ministres des pays alliés ont examiné, avec leurs homologues géorgien et ukrainien, la situation de la sécurité dans la région. (Camille-Cerise Gessant)

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