Les négociateurs du Parlement européen et du Conseil de l’UE sont parvenus, dans la nuit du mercredi 13 au jeudi 14 juillet, à un accord politique provisoire en ce qui concerne la voie à suivre pour la décennie numérique (EUROPE 12990/6).
« L'Europe vient de s'engager sur la voie de la décennie numérique et a commencé à construire un cadre pour accélérer la transition numérique de l'UE d'ici 2030 », a commenté le rapporteur, Martina Dlabajová (Renew Europe, tchèque).
Concrètement, le programme établissant la voie à suivre pour la décennie numérique prévoit que, d’ici 2030, 80% de la population âgée de 16 à 74 ans possède au moins des compétences numériques de base.
Quelque 10 000 nœuds périphériques hautement sécurisés et neutres pour le climat, devant permettre le traitement des données à la périphérie du réseau, seront déployés à travers l’UE. En outre, l’ambition affichée dans le texte fixe à 75% le nombre d'entreprises européennes ayant recours aux services d’informatique 'cloud', au big data et à l'intelligence artificielle.
Dans le même temps, un travail sera aussi réalisé pour les PME alors que le texte fixe un objectif de 90% d’entre elles ayant atteint au moins « un niveau de base d'intensité numérique ».
D’un point de vue technique, l’accord provisoire conclu lors des négociations interinstitutionnelles introduit une nouvelle gouvernance reposant sur la coopération entre les États membres et la Commission. Celle-ci élaborera, en collaboration avec les États membres, des 'trajectoires' au niveau européen fixant des objectifs.
Les États membres, pour leur part, devront mettre au point des trajectoires nationales ainsi que des feuilles de route stratégiques, dans le but d’atteindre ces objectifs.
L’accord provisoire prévoit aussi que les objectifs soient réévalués en 2026. La mise en œuvre et les progrès réalisés feront l’objet d'un suivi sur la base de l'indice relatif à l'économie et à la société numériques (DESI). La Commission, pour sa part, sera chargée de les évaluer dans un rapport annuel.
Enfin, le texte prévoit aussi de mettre l’accent sur les projets multinationaux, en mettant en place une structure juridique, et de faciliter les cofinancements par les États membres, la Commission et les investisseurs publics et privés.
Sur ce dernier point, plusieurs domaines ont déjà été érigés en priorités, notamment le calcul à haute performance, les infrastructures de données communes, le déploiement de corridors 5G ou encore le réseau des centres de cybersécurité.
L’accord provisoire devrait être soumis aux votes des eurodéputés membres de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie le 1er septembre prochain. (Thomas Mangin)