La Confédération européenne des syndicats (CES) a demandé aux rapporteurs du PE sur la directive relative aux conditions de travail sur les plateformes, jeudi 14 juillet, de suspendre « le processus législatif » jusqu'à ce que le PE mène une « enquête complète sur le lobbying anti-travailleurs d'Uber ».
Une lettre a été adressée en ce sens à l'Italienne Elisabetta Gualmini (S&D), rapporteur sur le dossier, et à la Slovaque Lucia Ďuriš Nicholsonová (Renew Europe), rapporteur pour son groupe politique.
« Alors que les journalistes continuent de découvrir la profondeur du modus operandi d'Uber qui enfreint la loi, nous pensons que toute nouvelle étape dans la procédure législative vers la directive sur l'amélioration des conditions de travail dans le travail sur plateforme devrait attendre le résultat de cette enquête », écrit Ludovic Voet, Secrétaire confédéral de la CES.
« On a l'impression que certains des amendements déposés visent à justifier l'exploitation continue des travailleurs et font écho aux efforts de lobbying de Move EU et de Delivery Platforms Europe, dont Uber & Uber Eats sont des membres actifs », ajoute-t-il.
Le rapport de Mme Gualmini pourrait être voté dès octobre en commission. Selon une source, l'idée d'une suspension des travaux n'est pas sur la table et n'a pas été évoquée le 13 juillet, lors de la seconde réunion technique des rapporteurs. Elle est aussi jugée par certains observateurs comme potentiellement contre-productive alors que les révélations sur Uber peuvent justement faire avancer le dossier.
Consulter la lettre : https://aeur.eu/f/2mp (Solenn Paulic)