Europêche, qui regroupe les organisations qui représentent la flotte européenne de pêche lointaine au thon tropical (Anabac, Opagac et Orthongel) alertent depuis plusieurs mois les institutions européennes sur l'impossibilité pour elles de respecter les dispositions du règlement sur la marge de tolérance, indique un communiqué publié jeudi 14 juillet.
Cette règle impose qu'il n'y ait pas une différence de plus de 10% par espèce entre les estimations à bord et les captures réelles débarquées.
Le secteur fait valoir qu'en opérant sous des températures supérieures à 30°C, les capitaines ne disposent que de quelques minutes pour trier et congeler leurs captures avant l'apparition d'histamine dans le thon, qui rend le poisson impropre à la consommation humaine. En outre, les espèces de thon ne peuvent pas être facilement distinguées les unes des autres en si peu de temps. Des solutions technologiques sont actuellement étudiées par la flotte, mais leur développement prendra plusieurs années.
La flotte de thoniers tropicaux demande de pouvoir appliquer cette marge de tolérance de 10% non pas par espèce, mais sur l'ensemble des captures embarquées.
Orthongel a publié une étude montrant que, si rien ne change, d'ici 2026, le poids des sanctions sur le chiffre d'affaires sera si insupportable que les armateurs (senneurs) et 1 600 emplois pourront tout simplement disparaître.
Voir l'étude d'Orthongel : https://aeur.eu/f/2ml (Lionel Changeur)