Fil rouge de la Présidence tchèque du Conseil de l'UE, la guerre en Ukraine le sera nécessairement dans le domaine de la politique d'aide humanitaire et de développement, sans en être l'exclusivité pour autant.
Trois grandes priorités guideront le programme de travail semestriel de cette Présidence, telles que le vice-ministre tchèque des Affaires étrangères, Jiří Kozák, les a présentées le 12 juillet en commission du développement du Parlement européen, à savoir : 1) l'impact de cette guerre en Ukraine dans la région et dans le monde ; 2) la réduction des risques de catastrophes et le développement de la résilience ; 3) la triple connexion 'Développement/Aide humanitaire/Paix' dans les actions menées.
En Ukraine, la Présidence tchèque compte promouvoir une assistance efficace qui ciblera à la fois les besoins humanitaires immédiats, les efforts en matière de stabilisation et les besoins à plus long terme en matière de reprise et de reconstruction 'plus verte' du pays, selon le slogan du Forum économique mondial ('build back better') repris par M. Kozák.
Il s'agira aussi de poursuivre un soutien analogue pour la Moldavie « pour renforcer sa résilience dans le cadre de la crise des réfugiés ».
Sécurité alimentaire. La Présidence tchèque s'attellera à apporter une réponse circonstanciée et coordonnée de l'UE, ses États membres et ses institutions financières ('Team Europe') aux impacts régionaux et mondiaux de la guerre - en particulier la crise alimentaire - « par de l’aide alimentaire d’urgence lorsque nécessaire, par le développement de la résilience et la construction de l’autosuffisance, le développement des capacités de production locales et régionales ainsi que les relations commerciales ».
Ce faisant, elle assurera le suivi des conclusions du Conseil européen du 24 juin concernant le soutien aux pays vulnérables (EUROPE 12979/3).
Réduction des risques de catastrophes. La Présidence tchèque, conformément au programme de travail du 'Trio des présidences', est déterminée à faire de la prévention des catastrophes et de la résilience une priorité pratique, axée sur 'la fragilité climatique'. M. Kozák a insisté à cet égard sur « le rôle de chef de file que joue l'UE avec son Pacte vert européen, sa stratégie d'adaptation au changement climatique et son mécanisme de protection civile utilisé aussi pour les pays tiers » qui sollicitent de l'aide en cas de catastrophe.
« Comprendre, gérer et réduire les risques est fondamental pour atteindre un véritable développement durable », a estimé le ministre, avec en filigrane l'agenda 2030 de l'ONU.
La Présidence tchèque préparera des conclusions du Conseil à ce sujet. « Nous aimerions en particulier mettre l’accent sur l’importance de la gouvernance, les alertes précoces et la participation du public », a précisé le ministre tchèque.
Aide humanitaire/Développement/Paix. Qu’il s’agisse de sécurité alimentaire mondiale, des risques de catastrophes, de réponse à la crise en Ukraine ainsi que d’autres crises, la Présidence fera la promotion de cette approche intégrée en renforçant la cohérence entre les actions et les acteurs d'aide humanitaire, de développement et de paix, a indiqué le vice-ministre.
La Présidence tchèque veut une montée en puissance dans la mise en œuvre de cette approche, appliquée dans des pays pilotes en développement et en situation de fragilité.
Une visite de terrain est notamment prévue au Soudan, début décembre, avec le Programme alimentaire mondial et d'autres agences des Nations Unies - visite que le ministre s'est dit prêt à préparer avec la commission du développement. Il compte aussi sur la coopération des membres de cette commission pour tirer les enseignements de cette approche.
Financement. Le ministre a également mentionné, parmi les priorités, la mise en œuvre de l'instrument financier de l'UE pour le voisinage, la coopération internationale et le développement (NDICI-Global Europe) en se concentrant sur sa gouvernance et le rôle stratégique à jouer par le Conseil de l'UE.
Des échanges seront nécessaires pour garantir suffisamment de flexibilité en réponse à la crise en Ukraine, a estimé M. Kozák. La Présidence tchèque souhaite en outre lancer la réflexion sur l'implication des acteurs privés, qu'il s'agisse de banques ou d'entreprises, y compris les PME. (Aminata Niang)