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Bulletin Quotidien Europe N° 12971
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Finances

Les conséquences de la guerre en Ukraine sur la fragmentation du système bancaire inquiètent les eurodéputés

Le parachèvement de l’union bancaire et l’union du marché des capitaux, la spéculation sur les denrées alimentaires, l’inflation… tous ces sujets ont été discutés en commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, mardi 14 juin, lors du dialogue structuré avec Mairead McGuinness, commissaire européenne aux Services financiers.

Dans son discours introductif, Mme McGuinness a résumé les sanctions financières infligées à la Russie depuis l’invasion russe de l'Ukraine, mises en place « avec des partenaires internationaux, notamment les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et le Canada », et leur impact. Notamment, 1 100 personnes et 100 entreprises ont déjà été sanctionnées. « En coupant l'accès à SWIFT à dix grandes banques russes et à quatre banques biélorusses, nous avons pris une mesure audacieuse qui a réduit la capacité de ces banques à interagir au niveau international », a-t-elle souligné.

La spéculation alimentaire sous surveillance

Mick Wallace (La Gauche, irlandais) a cependant reproché à Mme McGuinness l’impact de ces mesures sur les Européens. « Les sanctions ne sont-elles pas autodestructrices ? Nous n’agissons pas dans notre propre intérêt », a-t-il affirmé. « Nous tentons d’arrêter le financement de la guerre, et cela a un impact pour l'Europe. Mais personne n'a dit que ce ne serait pas le cas, les conséquences sont des deux côtés », a rétorqué la commissaire. Elle a aussi insisté sur la nécessité de soutenir l’Ukraine face à Vladimir Poutine, qui « s’efforce délibérément de faire de la nourriture une arme ».

Alors que la sécurité alimentaire a été discutée lors de la session plénière à Strasbourg (EUROPE 12967/7), Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais) a interrogé Mme McGuinness sur le rôle de la spéculation sur les denrées alimentaires, s’inquiétant du travail des lobbies. « Nous attendons plus d'action de la Commission à ce sujet », a-t-il affirmé. La commissaire a reconnu que la spéculation était un « facteur d'incertitude pour les marchés », mais qu’il était « difficile de voir la différence entre la spéculation et les mouvements du marché ». Elle a assuré que l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) surveillait cela de près, mais qu’elle n’était pas en mesure de proposer quelque chose pour le moment.

L’Union bancaire avance moins vite que l’Union des marchés de capitaux

« Nous pourrions assister à une fragmentation du paysage financier au niveau mondial, ainsi qu'à une fragmentation de la communauté politique et économique internationale. Cette fragmentation n'est pas une bonne nouvelle pour ceux qui croient en des marchés mondialement ouverts, intégrés et compétitifs », a prévenu Mme McGuinness.

Jonás Fernández (S&D, espagnol) l'a questionnée au sujet de la fragmentation financière due à la dette publique. Celle-ci a reconnu que l’Union bancaire en zone euro n’était « pas un sujet facile » et a affirmé que « le président de l'Eurogroupe essaie de trouver une feuille de route pour réaliser l'union bancaire ».

Jeudi 16 juin à Luxembourg, l'Eurogroupe ne trouvera pas d'accord sur un programme détaillé visant à parachever l'union bancaire (voir autre nouvelle). Il tentera de fixer des orientations à la Commission en vue d'une harmonisation ultérieure du cadre de gestion de crises bancaires et des régimes nationaux de garantie des dépôts bancaires.

L’Union des marchés de capitaux, en revanche, est en progrès (EUROPE 12965/29). Le Conseil Écofin devrait trouver un accord de principe sur deux propositions législatives, l'une sur la réforme des règles prudentielles pour les assurances et l'autre sur les fonds d'investissement alternatifs (EUROPE 12970/20).

Isabel Benjumea (PPE, espagnole) s’est dite préoccupée par la perte du pouvoir d’achat des épargnants et des coûts supplémentaires pour les chefs d'entreprise engendrés par l’inflation. Elle a demandé à Mme McGuinness quelle était sa stratégie pour les investisseurs de détails et l’accès des entreprises aux capitaux.

La commissaire a répondu qu’elle avait une stratégie d'investissement pour le commerce de détail, étape par étape, avec par exemple des produits destinés aux femmes. (Anne Damiani)

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