L’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, Mark Gitenstein, a plaidé, mardi 14 juin, pour la mise en œuvre des sanctions adoptées à l’encontre de la Russie, avant d’adopter de nouvelles mesures. Le sujet de la mise en œuvre des mesures devrait être discuté lors du sommet du G7, du 26 au 28 juin à Krün (Allemagne).
« Nous avons des milliers de sanctions. Le problème n'est pas d'en ajouter de nouvelles, mais de les appliquer. Ce sur quoi je me concentre, c'est l'application des contrôles des exportations, des sanctions que nous avons. C'est un problème difficile », a-t-il expliqué à un petit groupe de journalistes, dont EUROPE, insistant sur le fait qu’il aimerait plus d’actions concernant la mise en œuvre des mesures.
Selon l’ambassadeur, le problème le plus important se situe dans l’échange d’informations. « Par exemple, dans le cas de l'UE, à la Commission européenne, sur ce qui se passe au niveau des États membres. La compétence est au niveau des États membres, et c'est juste une sorte de cauchemar pour obtenir toutes les informations », a-t-il expliqué.
Car, selon M. Gitenstein, si toutes les sanctions et contrôles d’exportations étaient pleinement mis en œuvre, « ils auraient un impact dévastateur ».
Le diplomate américain a tout de même estimé que les effets des sanctions commençaient à se faire sentir, citant les domaines de l’extraction d’énergie et de l'aviation. « Nous avons fermé leur industrie aérienne civile. Les Russes ne peuvent pas reconstruire leurs avions. Ils ne peuvent pas avoir de pneus, de GPS », a-t-il expliqué.
L’ambassadeur est également revenu sur la crise alimentaire, « une question difficile à résoudre ». « La solution la plus simple au problème de la sécurité alimentaire est que les Russes arrêtent de bombarder les chaînes d'approvisionnement et de voler les récoltes (...). Ils veulent faire croire que c'est notre problème. Ce n'est pas le nôtre. C'est leur problème. Ils l'ont causé et ils devraient en payer le prix », a expliqué M. Gitenstein.
Interrogé sur la position du président français, Emmanuel Macron, de ne pas humilier la Russie, l’ambassadeur américain a estimé, à titre personnel, que « Poutine s'(était) humilié lui-même, peut-être juste par la façon dont il agit (...), ce niveau d'inhumanité ». « Il pense qu'il est Pierre le Grand. Qu'est-ce que je peux dire à cela ? », s'est-il interrogé. M. Gitenstein a précisé qu’il n’avait jamais rencontré son homologue russe, Vladimir Chizov, depuis son arrivée à Bruxelles en janvier et qu'une rencontre ce n'était pas prévu.
Enfin, sur l'octroi du statut de candidat de l’Ukraine à une adhésion à l’UE, l’ambassadeur a précisé que, pour son pays, l’avenir de l’Ukraine est en Europe. « Mais c'est une décision du Conseil européen. Ce n'est pas notre décision, la politique est l'art du possible. Tout ce que les Européens peuvent faire pour rapprocher l'Ukraine le plus possible de l'Europe est bon de notre point de vue », a-t-il souligné. (Camille-Cerise Gessant)