Les eurodéputés membres de la commission d’enquête du Parlement européen chargée d’enquêter sur l’utilisation de Pegasus et de logiciels espions de surveillance équivalents (PEGA) se sont réunis, mardi 14 juin, dans le cadre d’une audition de membres des entreprises Microsoft, Meta et Google, sur le thème « Big tech et logiciels espions ».
« Les utilisateurs de Microsoft ou Meta ou autre ont été victimes de services tels que Pegasus. Ce sont aussi des acteurs fondamentaux pour la définition et application des politiques. Les entreprises sont l’autre pièce du puzzle avec les États membres », a entamé Juan Ignacio Zoido Álvarez (PPE, espagnol).
Une large partie des interventions des eurodéputés a été consacrée aux liens existants entre les gouvernements et les acteurs du secteur numérique.
« Ces éléments sont tragiques, quand on entend que même des gouvernements démocratiques utilisent ces moyens. Lesdits gouvernements devraient contrôler des entreprises comme Google ou Microsoft et non l’inverse. Nous sommes au summum d’une guerre qui touche au commerce, à l’énergie, à la diplomatie et même aux moyens militaires », a estimé Giórgos Georgíou (La Gauche, chypriote).
« Je suis perplexe. Vous déployez des mesures de sécurité pour empêcher des gouvernements d’agir de manière illégale. Vous prenez la place des gouvernements qui doivent protéger les citoyens », a déclaré Saskia Bricmont (Verts/ALE, belge), s’interrogeant sur la teneur des contacts qu’entretiennent les grands acteurs du secteur avec les services de renseignement nationaux.
Outre la question du financement pour lutter contre les menaces cyber, plusieurs eurodéputés ont également soulevé la question de l’inventaire des vulnérabilités, visant à mieux sécuriser les logiciels.
« C’est très inquiétant, je pense qu’une réglementation serait possible », a résumé, sur ce point, Sophie in 't Veld (Renew Europe, néerlandaise). (Thomas Mangin)