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Bulletin Quotidien Europe N° 12971
POLITIQUES SECTORIELLES / SÛretÉ alimentaire

Les États membres de l’UE prônent une proposition réaliste sur l’utilisation des pesticides

Plusieurs ministres européens de l'Agriculture ont préconisé, lundi 13 juin à Luxembourg, une proposition réaliste de la Commission européenne sur l’utilisation durable des pesticides, afin de ne pas compromettre la productivité des cultures.

La Commission doit présenter le 22 juin sa proposition de règlement sur l’utilisation durable des pesticides, avec un objectif de réduction de 50% des usages et des risques liés aux pesticides d’ici 2030.

Lors du Conseil Agriculture, à Luxembourg, dix États membres d’Europe centrale et orientale ont présenté un document commun appelant à prendre en compte la différence d’utilisation actuelle d’un pays à l’autre lors de l’élaboration de cette nouvelle législation. L’Autriche, la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie estiment que « la contribution de chaque État membre à la réalisation de l’objectif de réduction de 50% de l’utilisation des pesticides doit tenir compte de l’intensité de leur utilisation dans chaque État membre ».

Voir la lettre des dix pays de l'UE : https://aeur.eu/f/21y

La Commission européenne doit dévoiler « avant la pause estivale » ses propositions sur les pesticides et la biodiversité qui visent, d'ici à 2030, à réduire de moitié l'usage de pesticides dans l'UE, de 20% celui d'engrais et à consacrer un quart des terres au bio.

« Il faut une proposition réaliste, au vu du délai de mise en œuvre et pour maintenir la rentabilité des exploitations », a insisté le ministre espagnol, Luis Planas Puchades, pour qui la réduction des pesticides, engrais et antibiotiques dans l'alimentation animale « représente un changement de paradigme absolument nécessaire », mais compliqué.

« Il faut éviter que l'augmentation radicale des exigences sanitaires et environnementales sur l'agriculture n'entraîne une réduction de notre capacité de production, au risque de perturber l'approvisionnement alimentaire » et de voir l'UE gonfler ses importations pour se nourrir, a réaffirmé le ministre italien, Stefano Patuanelli.

« Il est essentiel d'avoir une approche proportionnée, d'éviter les fardeaux bureaucratiques excessifs et de tenir compte des spécificités nationales, étant donné que l'objectif de -50% concerne l'UE dans son ensemble », a développé le ministre estonien, Urmas Kruuse.

L'Irlande a demandé d’adapter les objectifs contraignants fixés à chaque pays selon les efforts déjà réalisés alors que le taux d'usage de pesticides sur son sol figure « parmi les plus bas d'Europe ».

L’Allemagne a salué les objectifs de réduction des pesticides repris dans la stratégie 'de la ferme à la table', mais « nous avons une crise en matière de sécurité alimentaire », selon elle.

La Commission tient compte des préoccupations. « Il ne s'agit pas d'interdire l'utilisation des pesticides, mais d'éviter leur usage excessif là où c'est possible (...) pour protéger la santé humaine, l'environnement et la biodiversité », a fait valoir la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides. Il convient de « réduire les risques liés à l’utilisation de produits phytosanitaires quand c’est possible », a-t-elle ajouté.

« Nombre de vos préoccupations ont été prises en compte dans la proposition », a dit la commissaire. La Commission tiendra compte des spécificités nationales, des points de départ de chaque pays et de l'intensité en pesticides à l'hectare selon les nécessités naturelles, tout en accélérant les processus d'évaluation de substances alternatives « efficaces et abordables », a-t-elle assuré. « Il faut faire des affaires pour arriver à une réduction de 50% des niveaux d’utilisation », a rappelé Mme Kyriakides.

Le commissaire européen à l'Agriculture, Janusz Wojciechowski, quant à lui, a promis une approche équitable ne défavorisant pas les pays vertueux par rapport aux gros consommateurs de pesticides. (Lionel Changeur)

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