Le Haut Représentant de l’UE tout comme plusieurs ministres ont apporté leur soutien, mardi 17 mai, à la candidature de la Finlande et de la Suède à une adhésion à l’UE.
Mardi, le gouvernement suédois a officiellement signé sa demande d’adhésion à l’OTAN. Le même jour, le Parlement finlandais s’est prononcé, par 188 voix contre 8 (et 3 abstentions), en faveur d’une demande d’adhésion.
« La Finlande et la Suède peuvent compter sur le plein soutien de l’UE », a souligné le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, à l’issue du Conseil des ministres européens de la Défense, ajoutant que cela renforcerait la coopération et la sécurité en Europe. « Espérons qu’ils rejoindront bientôt l’OTAN. L'OTAN et l'UE seront deux ensembles d'États membres avec plus d'intersections », a-t-il ajouté. Selon lui, ce sera un changement géopolitique important.
Pour la ministre allemande Christine Lambrecht, « deux partenaires forts vont enrichir l'OTAN ». « C'est une bonne chose pour la Finlande et la Suède, mais c'est aussi une bonne chose pour l'Alliance », a-t-elle ajouté.
« Si la Finlande et la Suède, deux pays démocratiques européens rejoignent l’OTAN, cela la consolidera et la renforcera », a souligné le ministre luxembourgeois François Bausch. Il a été plus loin en estimant qu’« à l’époque où nous vivons, il est plus confortable de vivre sous le parapluie d’alliances comme l’OTAN. Ce serait une bonne idée si tous les États membres de l’UE rejoignaient aussi l’Alliance ».
Interrogé sur le possible blocage par la Turquie, M. Bausch a appelé la Turquie à être raisonnable. Selon lui, la situation politique interne dans le pays, avec des élections l’an prochain, pouvait jouer un rôle sur la décision d’Ankara. « Personne ne comprendra si nous refusons la Suède et la Finlande. Au regard des valeurs qu’elles défendent, elles appartiennent à l’OTAN », a-t-il ajouté.
Plusieurs pays se sont aussi engagés à soutenir Helsinki et Stockholm en cas de menaces russes pendant la période de transition. « Si besoin, nous serons en mesure d’aider », a précisé la Néerlandaise Kajsa Ollongren. La veille, dans un communiqué, la Présidence française a prévenu que « tout État qui chercherait à tester la solidarité européenne, à travers une menace ou une agression contre leur souveraineté par quelque moyen que ce soit, doit avoir la certitude que la France se tiendra aux côtés de la Finlande et de la Suède », réaffirmant l'engagement de la France aux termes de l’article 42.7 du traité sur l’UE sur la clause de défense mutuelle. « La France se tient prête à renforcer les coopérations en matière de défense et de sécurité avec ces deux partenaires par des consultations stratégiques de haut niveau et des interactions militaires renforcées », a-t-elle ajouté.
De son côté, M. Borrell a rappelé que, si un pays déclenchait cet article, les autres avaient l'obligation de lui venir en aide. (Camille-Cerise Gessant)