Le problème n’est pas l’absence de céréales ou d’engrais, le problème c’est que la guerre déclenchée par la Russie « nous empêche de faire sortir ces produits » d’Ukraine, a souligné Maximo Torero, économiste en chef de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
« Tous les mécanismes permettant de faire sortir ces produits sont utiles », a-t-il ajouté lors d’une réunion de la commission de l’agriculture du Parlement européen. M. Torero a soutenu les mesures de la Commission européenne visant à faire sortir les céréales d’Ukraine (EUROPE 12953/6).
Lutter contre les spéculations. Maximo Torero a souligné, en réponse notamment à Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) et Clara Aguilera (S&D, espagnole), que pour lutter contre les spéculations sur les prix agricoles, il fallait « renforcer la transparence sur les transactions et imposer des sanctions en cas de non-respect des règles ».
Si le conflit se poursuit, il est à craindre l’année prochaine une baisse de la production, a-t-il dit.
Restrictions indiennes. Concernant la décision indienne de restreindre les exportations de blé, le chef économiste de la FAO a assuré notamment à Herbert Dorfmann (PPE, italien) et Veronika Vrecionová (CRE, tchèque) que l’impact de cette décision sur la sécurité alimentaire se fera sentir plutôt l'an prochain. « L’Inde a exporté une quantité significative de ce qu’elle s’était engagée à exporter. Personne ne blâme l’Inde », a dit M. Torero.
Luke Ming Flanagan (La Gauche, irlandais) a estimé qu’il fallait trouver des solutions pour faciliter le transport de céréales par la mer.
Éric Andrieu (S&D, français) a évoqué la question des stocks stratégiques en faveur des pays en développement et la suspension temporaire de la production de biocarburant, « pour calmer les marchés ».
Zbigniew Kuźmiuk (CRE, polonais) a estimé que la Russie essayait de « déstabiliser le marché agroalimentaire », notamment en bloquant les ports et en détruisant les infrastructures après avoir perturbé le marché de l’énergie.
« L'Ukraine fait tout son possible pour respecter ses obligations contractuelles et fournir des denrées alimentaires aux consommateurs mondiaux, notamment en utilisant les infrastructures de l'UE », a souligné Dmytro Kuleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères.
Le ministre a ajouté que l'Ukraine avait déjà convenu avec les pays de l'UE de développer « des moyens alternatifs pour fournir les exportations ukrainiennes de produits alimentaires aux marchés mondiaux ». (Lionel Changeur)