Les députés membres de la commission des transports du Parlement européen ont débattu, mardi 17 mai, du projet de rapport de Jörgen Warborn (PPE, suédois) concernant l’utilisation de carburants renouvelables et bas carbone dans le transport maritime (‘FuelEU Maritime') (EUROPE 12939/1) alors que prés de 690 amendements ont été déposés par les différents groupes politiques du PE.
Concrètement, le rapport élaboré par M. Warborn ne s’éloigne guère de la proposition initiale de la Commission en matière de définitions et de champ d’application.
« Je soutiens les seuils en matière d’incorporation des carburants renouvelables, les niveaux seront déjà difficiles à atteindre », a estimé le rapporteur.
« Certains eurodéputés voudraient doubler les seuils, mais cette approche m’inquiète. Cela prend du temps de produire des combustibles et d’avoir des infrastructures adaptées. On risquerait de ne pas avoir de combustible », a-t-il ajouté.
Outre le respect du principe de neutralité technologique et le fait de conserver la barre des 5 000 tonnes minimum pour qu’un navire soit concerné par le texte, le rapporteur soutient également un champ d’application qui couvre, comme le prévoyait la Commission, 50% des voyages extraeuropéens.
« Cela pourrait avoir d’importantes conséquences, voire déclencher une guerre commerciale avec certains de nos partenaires, si nous l’étendions, comme le veulent certains collègues, à 100%. Nous pouvons réglementer la moitié du voyage nous concernant, vous pouvez réglementer l’autre moitié, c’est une approche qui me semble juste », a jugé M. Warborn.
Par ailleurs, le rapporteur a également insisté sur la nécessité de se concentrer sur les ports à haute fréquence et de ne pas « obliger les plus petits à installer des infrastructures qui ne seront utilisées que dans de rares cas ».
Si le texte semble d’ores et déjà obtenir le soutien de certains eurodéputés, d’autres ont insisté en revanche sur le fait de mettre en place des sous-objectifs pour le gaz naturel liquéfié et de prêter une attention toute particulière aux potentiels impacts socioéconomiques que pourrait avoir la transition du secteur maritime.
Du côté du S&D, enfin, l’eurodéputée néerlandaise Vera Tax, qui a appelé à fixer des sous-objectifs pour l’hydrogène, a émis pour sa part des regrets, estimant que les amendements de son groupe n'ont pas été pris en considération.
« Il faudra une grande majorité, car les négociations avec le Conseil de l’UE seront encore plus compliquées si nous sommes divisés en interne. Nous devons travailler de manière plus consensuelle », a prévenu, en guise de conclusion, Kathleen Van Brempt (S&D, belge). (Thomas Mangin)