En réponse aux préoccupations et demandes des eurodéputés, alarmés par l'ampleur de la crise humanitaire et économique, ainsi qu'aux violations croissantes des droits des femmes et des filles dans l'Afghanistan aux mains des talibans, la Commission européenne a affirmé, mardi 17 mai, sa détermination à poursuivre son soutien au peuple afghan en combinant aide humanitaire, en particulier pour les femmes et les filles, et aide au développement à moyen et long termes.
S'exprimant devant la commission parlementaire du développement, le commissaire européen à la Gestion des crises, Janez Lenarčič, a souligné qu'il s'agit de la « pire crise humanitaire ».
24 millions de personnes ont actuellement besoin d'aide humanitaire. 50% de la population est en situation d'insécurité alimentaire d’urgence. Près de 7 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë. « Cest le chiffre le plus élevé du monde ».
L'UE mobilise actuellement les 113 millions d'euros d'aide humanitaire - dans le pays et pour les réfugiés en Iran et au Pakistan - annoncés à la conférence des donateurs pour l'Afghanistan fin mars (EUROPE 12923/4). Cette aide se concentre sur : - les denrées alimentaires (plus de 30% des financements), - les femmes et les filles : services de santé spécialisés pour les femmes et appui aux partenaires humanitaires pour créer des espaces sûrs pour les femmes et les filles ; - l’éducation en situation d’urgence, qui se focalise aussi sur les femmes et les filles ; - l’appui à la société civile locale.
« S'agissant de l'aide alimentaire, notre appui va au-delà de l'aide humanitaire, puisqu'elle concerne l'eau propre, la santé et la nutrition », a précisé le commissaire.
Cela s'ajoute à l'aide en nature déjà livrée par 16 vols humanitaires qui ont pu transporter à Kaboul 500 tonnes de fournitures d'urgence depuis août 2021, en soutien direct à la population.
« Il est clair que nous devons faire plus, mais l'aide humanitaire n'est pas une solution de long terme », a estimé M. Lenarčič, insistant sur l'importance d'un appui structurel pour ce qui concerne l'économie, le secteur bancaire et la crise des moyens de subsistance.
La commissaire aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, a indiqué que la Commission avait accordé à des partenaires humanitaires des contrats totalisant 270 millions d'euros pour répondre aux besoins de base et assurer des moyens de subsistance. Et de citer notamment un contrat avec le PNUD pour aider 23 000 femmes entrepreneurs à développer leur activité.
Suite aux décisions des talibans d'interdire l'accès des filles à l'enseignement secondaire et d'imposer aux femmes de se voiler le visage en public, elle a annoncé que « l’UE n’offrira un soutien à l’éducation au niveau secondaire que dans les endroits où les filles pourront y avoir accès ».
Pour éviter de pénaliser l'ensemble de la population, elle a en outre insisté sur l'importance d'une « réponse internationale bien coordonnée, pas seulement sur les droits des femmes, mais aussi pour la réponse économique à long terme, afin de préparer l’avenir du pays ». (Aminata Niang)