L’Agence européenne de défense (EDA) a présenté, mardi 17 mai, son analyse des lacunes de l'UE en matière d'investissement dans la défense.
« Tous les ans, entre 2009 et 2018, si on avait dépensé le même montant que l’on a dépensé en 2009, on aurait dépensé 160 milliards de plus », a expliqué le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, à l’issue du Conseil ‘Défense’. Cette période a été, selon lui, « un important et silencieux processus de désarmement ».
En 2009, selon la Banque mondiale, les dépenses de défense des États membres étaient d'environ 225 milliards d'euros.
L’analyse de l’EDA, dont les conclusions seront intégrées à l’analyse que la Commission européenne devrait adopter ce mercredi, couvre trois horizons temporels qui se chevauchent partiellement.
Ainsi, selon l’Agence, une mesure immédiate devrait consister à travailler sur la préparation au combat des forces et des capacités. M. Borrell a expliqué que les Européens devaient refaire leur stock de matériel militaire, dont une partie a été envoyée en Ukraine.
À partir de 2022-2023, « avec un impact dans les cinq prochaines années », l'accent devrait être mis sur l'augmentation de la masse et du volume des capacités existantes, selon l’EDA, et, à moyen et long terme, soit dix ans et plus, il faudrait se concentrer sur le renforcement structurel et la modernisation des capacités.
« L’Europe doit dépenser ensemble, plus et mieux et, comme il semble qu’il y a une certaine volonté de dépenser plus, c’est l’occasion de le faire ensemble, car c’est la meilleure façon de le faire », a rappelé une nouvelle fois M. Borrell, estimant que, si les Européens ne dépensaient pas ensemble, ils ne feraient que multiplier leurs lacunes. (Camille-Cerise Gessant)