Une haute fonctionnaire de la Commission européenne a assuré aux eurodéputés de la commission ‘Industrie, Recherche et Énergie’ (ITRE), lundi 21 mars, que l’invasion russe de l’Ukraine et les annonces récentes de retrait de l’agence spatiale russe Roscosmos du Centre spatial guyanais n'auront qu'une incidence « limitée » sur la poursuite des programmes phares européens dans le domaine spatial.
Evi Papantoniou, chef d’unité à la politique spatiale au sein de la DG de l’industrie de la défense et de l’espace (DG DEFIS), a répété la déclaration du commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton (EUROPE 12900/13).
« En effet, il n'y a pas de dépendance critique vis-à-vis de la Russie, car nous nous appuyons sur les chaînes d'approvisionnement de l'UE pour nos technologies critiques », a-t-elle expliqué, ajoutant que ce retrait n’avait donc aucun impact sur la continuité de service de Galileo, EGNOS et Copernicus.
Elle a nuancé toutefois : « si cette décision unilatérale de l'Agence spatiale russe peut affecter les lancements de quatre satellites Galileo, qui devaient avoir lieu depuis Kourou en avril et en automne, nous mettons en place cette année des solutions alternatives avec notre prestataire de services pour le lancement ».
En ce qui concerne Copernicus, la décision russe n'a également aucune incidence sur le lancement des satellites Sentinel du programme Copernicus. Le prochain lancement de Copernicus Sentinel 1C est prévu pour 2023 avec le lanceur Vega C « comme il était initialement prévu et aura lieu ».
Mme Papantoniou a confirmé que le programme Copernicus était mobilisé dans le cadre de la guerre en Ukraine dans le domaine de l'observation des civils pour soutenir les opérations d'aide humanitaire. Les services de sécurité de Copernicus ont été activés en particulier pour assurer la surveillance des frontières et le soutien à l'action extérieure.
Avenir de Copernicus et inquiétude sur les finances
Le débat avec les parlementaires s’est centré par la suite sur le programme Copernicus, son avenir (EUROPE 12893/23) et la question de son financement.
« Des inquiétudes ont récemment été exprimées quant à la viabilité financière du programme. En effet, la mise en œuvre de l'ensemble des activités envisagées nécessite un budget supérieur à celui actuellement disponible », a reconnu Mauro Facchini, responsable de l’observation de la terre à la Commission européenne, en référence au déficit provoqué par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (EUROPE 12845/5).
« Des fonds supplémentaires seraient donc les bienvenus, bien que nous ne soyons pas en mesure de confirmer aujourd'hui si et quand cela se concrétisera. Malgré la situation, la Commission met en œuvre avec l'ESA un schéma qui préserve la continuité, l'intégrité et l'évolution de Copernicus tout en étant flexible pour toute augmentation du budget », a-t-il assuré.
Le développement des six missions et activités d'expansion se fera à un rythme normal jusqu'au milieu de 2024 au moins. Après cette date, des choix devront être faits en fonction du budget disponible, en ralentissant le développement de certains projets, a-t-il expliqué. (Pascal Hansens)