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Bulletin Quotidien Europe N° 12918
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Les professionnels de l’UE satisfaits des nouvelles orientations sur la sécurité alimentaire, contrairement aux ONG

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont salué, mercredi 23 mars, la plupart des initiatives contenues dans la communication de la Commission européenne sur la sécurité alimentaire en ces temps de guerre en Ukraine.

Un large éventail d'actions ont été présentées pour améliorer la sécurité alimentaire mondiale et soutenir les agriculteurs et consommateurs au sein de l'Union face à la hausse des prix des denrées alimentaires et des coûts des intrants (EUROPE B12917/A8).

Le Copa-Cogeca se dit satisfait des mesures exceptionnelles (500 millions d’euros) et des dérogations en ce qui concerne les zones d'intérêt écologique (culture des terres en jachère pour les semis de printemps 2022) ainsi que de l'assouplissement temporaire des mesures sur l'approvisionnement en aliments pour animaux.

Le Copa-Cogeca regrette cependant l'absence de propositions à court terme pour apaiser les tensions sur le marché des engrais. Cette question devra être traitée immédiatement par le ‘Mécanisme européen de préparation et de réaction aux crises de sécurité alimentaire’, selon ces organisations.

Le Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA) se dit, lui, soulagé, après le déblocage d'un paquet de soutien en faveur du secteur. L'utilisation de la réserve de crise et la mise en place d'un cadre temporaire de crise pour les aides d'État ainsi que l'augmentation des niveaux d'avances des paiements directs de la PAC, sont des éléments jugés positifs.

La communication de la Commission « reconnaît la contribution du sucre à la sécurité alimentaire de l'UE, mais la production de sucre de l'UE risque d'être mise à rude épreuve », estime, de son côté, le Comité européen des fabricants du sucre (CEFS, European Association of Sugar Manufacturers).

La directrice générale du CEFS, Marie-Christine Ribera, a déclaré que les prix du sucre dans l'UE devront augmenter de manière substantielle pour compenser l'augmentation des coûts des intrants pour les fabricants de sucre et les producteurs de betteraves. « Sinon, la production de sucre pendant la prochaine campagne (qui commence en septembre dans la plupart des pays) ne sera pas viable ». La communication invite les États membres à renforcer les investissements dans le biogaz provenant de sources de biomasse durables (déchets et résidus agricoles), relève aussi le CEFS.

Le modèle productiviste dans le collimateur. Certaines ONG et certains eurodéputés s’opposent aux mesures visant à produire davantage pour répondre au déficit dû à la guerre. 

Une réduction de 8% de l'utilisation des céréales pour l'alimentation animale dans l'UE permettrait d'économiser suffisamment de blé pour compenser le déficit attendu en Ukraine en raison de l'invasion russe, selon des calculs de de l’ONG Greenpeace. Elle demande à l'UE de « réduire l'élevage industriel des animaux afin de libérer suffisamment de céréales pour combler le déficit en blé et de réduire la dépendance de l'UE à l'égard des engrais synthétiques, de plus en plus chers et polluants ».

Par ailleurs, selon une étude de l’organisation Transport & Environment, publiée jeudi 24 mars, l'Europe transforme chaque jour 10 000 tonnes de blé (ce qui représente 15 millions de miches de pain) en éthanol destiné aux voitures. Transport & Environment appelle à l'arrêt du brûlage du blé et d'autres cultures vivrières pour la production de biocarburants et qualifie « d’immorale » la pression exercée par le lobby des biocarburants en faveur d'une production accrue « alors que le monde connaît une grave pénurie alimentaire ».

L’eurodéputé Benoît Biteau (Verts/ALE, français) a jugé « cyniques et indécents » ceux qui veulent « remettre en selle le modèle agricole productiviste », lors d’un entretien avec la presse, mercredi.

Selon lui, si les objectifs de la stratégie 'de la ferme à la table' avaient été respectés depuis longtemps, la vulnérabilité constatée aujourd’hui ne serait pas aussi forte. M. Biteau n’est pas d’accord avec ceux qui disent que  cette stratégie va impacter la productivité des agriculteurs de l’UE. Il est nécessaire, selon lui, de mettre en place des pratiques de « réduction des dépendances, notamment à l'égard des engrais, qui sont produits avec du gaz… russe ». (Lionel Changeur)

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