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Bulletin Quotidien Europe N° 12918
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Agriculture

Le PE réclame « un plan d’action urgent » de l’UE pour garantir la sécurité alimentaire en ces temps de guerre en Ukraine

Le Parlement européen a adopté (413 voix pour, 120 contre et 49 abstentions), jeudi 24 mars, une résolution commune (PPE, S&D, Renew Europe, CRE) en faveur d’un plan d’action urgent de l’UE visant à assurer la sécurité alimentaire, compte tenu de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Un amendement du PPE demandant une révision des stratégies 'de la ferme à la table' et 'biodiversité' a été rejeté de justesse (274 voix pour, 289 contre, 20 abstentions). Un autre amendement de ce groupe, entériné, indique que, compte tenu de la situation actuelle du marché, « l’ambition d’une réduction de 10% des zones de production ne peut être mise en œuvre ».

Le PE estime que les propositions législatives découlant de la stratégie 'de la ferme à la table' doivent d’abord faire l’objet d’analyses d’impact complètes, « tout en tenant compte des conséquences potentielles de l’invasion russe de l’Ukraine sur la sécurité alimentaire européenne et mondiale ». Il faudra aussi éviter les baisses des niveaux de production.

En adoptant un autre amendement du PPE, les députés invitent la Commission à donner aux États membres la souplesse nécessaire pour autoriser temporairement les agriculteurs à produire sur des surfaces d’intérêt écologique « en utilisant, si nécessaire, des produits phytopharmaceutiques et des engrais ».

Aider les Ukrainiens. Dans la résolution et lors du débat la veille en plénière, les députés ont souligné le besoin d’aider d’urgence l’Ukraine en fournissant une aide alimentaire, des semences, du carburant et des produits phytosanitaires.

La Commission et les partenaires internationaux s'efforcent de « faire en sorte que les intrants nécessaires, tels que les semences et les engrais, puissent parvenir en Ukraine et que les installations de transport et de stockage soient maintenues pour permettre à l'Ukraine de nourrir ses citoyens », a expliqué Janusz Wojciechowski, commissaire à l'Agriculture. Il s’est entretenu avec le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, qui lui aurait assuré que « la Pologne pouvait fournir du diesel à l'Ukraine à partir de la réserve stratégique ».

M. Wojciechowski demande en outre aux États membres d'utiliser leurs plans stratégiques de la PAC pour « renforcer la durabilité et la résilience de leurs secteurs agricoles en réduisant la dépendance à l'égard de l'énergie, des pesticides et des nutriments et en donnant la priorité aux actions qui augmentent les rendements ».

Un début de réponse, selon le PPE. Herbert Dorfmann (PPE, italien) a salué la mobilisation de la réserve de crise agricole, « mais cela ne peut être qu'un début. Il faudra probablement plus d'argent ». Le fait d'autoriser les agriculteurs à cultiver sur les surfaces d'intérêt écologique représente, aux yeux de M. Dorfmann, « une goutte d'eau dans l'océan ».

Contrairement aux députés du groupe PPE (et d'autres des groupes ID et CRE), les familles politiques S&D, Renew Europe et Verts/ALE réclament le maintien des objectifs du 'Pacte vert européen'.

Iratxe García (S&D, espagnole) a souligné que le grand défi pour notre agriculture sera de « réduire notre dépendance à l'égard des engrais que nous importons de Russie et du Belarus »

Au lieu d'utiliser des engrais artificiels, « nous devrions utiliser de plus en plus d’engrais organiques » (fumier animal, notamment), a suggéré Jan Huitema (Renew Europe, néerlandais)

Repenser la PAC. Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) a estimé qu’il fallait repenser la PAC, notamment parce que seulement 20% des céréales sont destinés à l'alimentation humaine. « L'Europe peut-elle rester le comptoir de la viande du monde ? Non ! », a lancé M. Häusling. Il conseille de ne plus autoriser l'utilisation de carburants contenant des biocarburants. 

Pour Mara Bizzotto (ID, italienne), la stratégie ‘de la ferme à la table’ et la PAC doivent être radicalement modifiées.

Veronika Vrecionová (CRE, tchèque) a plaidé pour l'arrêt des importations de pétrole et de gaz en provenance de Russie. 

Anja Hazekamp (La Gauche, néerlandaise) a plaidé pour la réduction de la taille de l'industrie de l'élevage et contre les subventions agricoles de l'UE.

Voie médiane. Pour Jérémy Decerle (Renew Europe, français), il faut « remettre au même niveau la souveraineté alimentaire et nos ambitions environnementales ».

Au nom de la Présidence française du Conseil de l’UE, Clément Beaune a estimé, lui aussi, qu’il n’y a pas de contradiction entre la fonction nourricière de la PAC et sa contribution à la transition écologique. « Il n’y a pas de choix européen à faire entre ces deux impératifs », a conclu le secrétaire d'État aux Affaires européennes. (Lionel Changeur)

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