Le Sommet social tripartite, mercredi 23 mars, s'est concentré notamment sur l’invasion russe de l’Ukraine et ses conséquences socio-économiques, à la veille d’un Conseil européen crucial pour consolider la réponse de l’UE face à cette nouvelle crise.
« Une réponse tripartite unie sera également cruciale pour faire face à l'énorme impact social et économique de cette guerre », a déclaré à cette occasion le président du Conseil européen, Charles Michel. Et d’ajouter : « je suis sûr que la contribution des partenaires sociaux, comme ce fut le cas lors de la Covid-19, sera à nouveau essentielle pour faire face à ce nouveau défi ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est allée dans le même sens et a demandé aux partenaires sociaux de rester solidaires avec les réfugiés ukrainiens.
Les discussions se sont structurées autour de trois grands axes : - la pérennité de la reprise économique et de l’emploi à long terme en Europe, tout en faisant face à l'impact sur les prix de l'énergie de l'agression militaire russe contre l'Ukraine ; - la poursuite de la transition verte dans ce contexte ; - le rôle du dialogue social pour améliorer les conditions de travail, le fonctionnement du marché du travail et les compétences.
« L'Ukraine était bien sûr au premier plan », nous a confié une source présente au sommet. De nombreux intervenants ont souligné la nécessité pour l'UE de faire preuve d'unité et de solidarité envers les réfugiés. Luca Visentini, le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), a insisté sur l’importance de leur donner un accès au marché du travail de l’Union européenne, un logement, des soins de santé, des aides sociales ainsi qu’un accès facilité à l’éducation pour les enfants.
La nécessité d’avoir un dialogue constructif sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne a été mentionnée, par la CES notamment, qui a invité à le faire également pour la Géorgie et la Moldavie.
De son côté, le président de BusinessEurope, Pierre Gattaz, a souligné l’importance d’amortir la flambée des prix de l’énergie, des prix des matières premières et de lutter contre les multiples pénuries qui frappent les opérateurs économiques et perturbent les chaînes d’approvisionnement.
À ses yeux, l'Union européenne doit renforcer « de toute urgence » le marché intérieur de l'énergie, diversifier ses sources et ses voies d'approvisionnement en énergie et fournir un cadre adéquat pour accroître les investissements publics et privés nécessaires.
Et d’appeler au réalisme. L'UE doit également reconnaître qu'une transition verte réussie dépend également de politiques énergétiques réalistes et assorties d'échéances réalistes. « La prochaine initiative de dialogue social de la Commission est une occasion en or de favoriser l'unité en améliorant la coopération entre les pouvoirs publics et les partenaires sociaux aux niveaux européen et national », a-t-il ajouté. (Pascal Hansens)