Les ministres européens des Affaires intérieures feront un point, lundi 28 mars à Bruxelles, sur la prise en charge des réfugiés fuyant l'invasion russe de l'Ukraine et sur les besoins additionnels en financements ou en coordination des efforts, alors que plus de 3,5 millions de personnes ont fui le pays depuis le 24 février.
Les États ministres seront notamment invités à présenter leurs offres d’accueil pour les réfugiés en Moldavie, six d'entre eux ainsi que la Norvège ayant pris des engagements en ce sens à ce stade (pour 11500 personnes au total), selon une note préparatoire de la réunion de la Présidence française du Conseil de l’UE.
« Il est désormais urgent d’organiser l’accueil, au sein de l’UE, des personnes venues d’Ukraine se réfugier en Moldavie », indique le document daté du mercredi 23 mars.
La Roumanie a donné son accord pour établir sur son territoire un centre d’accueil. Pour organiser cet accueil, la Commission a préparé, dans le cadre de la plate-forme de solidarité, des procédures opérationnelles (SOP) précisant les conditions selon lesquelles les personnes concernées seront identifiées, sélectionnées, transportées et accueillies dans les États membres. L’organisation des relocalisations elles-mêmes pourrait être confiée à la Commission.
« Certains États membres ont exprimé le souhait que le transport des réfugiés concernés puisse donner lieu à un soutien financier de l’UE », ajoute la note.
Les ministres seront donc invités à présenter un engagement d’accueil et « à confirmer leur souhait que les opérations soient engagées au plus vite selon les procédures prévues par les SOP, avec une date d’effet à définir à très brève échéance ».
De manière générale pour les réfugiés d’Ukraine, certains États membres ont commencé à mettre en place entre eux des systèmes de coordination permettant d’organiser et de planifier le transport des réfugiés de manière concertée. « Une telle coordination serait utile et efficace à l’échelle de l’Union européenne tout entière. Elle pourrait être confiée à la Commission, qui a déjà mis en place une plate-forme de solidarité », propose la note française.
La procédure d’enregistrement des réfugiés constituant un élément important pour le suivi, l’accueil et la protection des personnes concernées, « il est proposé de demander à la Commission de préparer une solution permettant, à brève échéance, de consolider à l’échelle européenne les enregistrements réalisés dans les bases nationales », suggère aussi la Présidence du Conseil.
Les ministres seront aussi invités à évoquer les enjeux de sécurité, entre vérifications dans les bases de données européennes et prévention de la criminalité, comme l’exploitation des enfants, avec le réseau EMPACT ('European Multidisciplinary Platform Against Criminal Threats') .
Les agences Frontex et Europol déployées sur le terrain
À ce stade, 257 agents de l'agence Frontex sont actuellement déployés aux frontières de l'UE avec l’Ukraine, la Moldavie et la Biélorussie, parmi lesquels: - 204 agents en Roumanie (157 à la frontière ukrainienne, 47 à la frontière moldave); - 18 agents déployés en Pologne; - 18 agents en Moldavie, - 14 en Slovaquie.
L'agence Frontex pourrait mobiliser jusqu'à 2 600 agents.
L'agence Europol a, elle, déployé 4 agents en Slovaquie, autant en Pologne et 2 en Moldavie. (Solenn Paulic)