La sécurité au Mali n’est pas une question entre ce pays et la France, mais entre les pays européens et le Sahel, selon le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui est revenu sur la question, mardi 25 janvier, à la demande de députés de la commission des affaires étrangères du Parlement européen.
Il s’exprimait au lendemain du coup d’État au Burkina Faso et à la veille de la réunion conjointe avec les ministres des Affaires étrangères des pays du G5 Sahel, convoquée mercredi 26 janvier par le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, pour donner une chance à la diplomatie et obtenir des éclaircissements sur les conditions d'exercice de la mission européenne au Mali avant d’imposer des sanctions ciblées à ce pays (EUROPE 12875/2).
« Sous notre Présidence [du Conseil de l'UE : ndlr], nous allons faire en sorte que ce dialogue puisse se poursuivre et aboutir à des avancées. Le Haut Représentant reçoit demain les ministres des Affaires étrangères du G5 Sahel. La présence européenne au Sahel n’est pas uniquement une présence politique, c’est aussi une présence militaire, puisque maintenant, il y a dix pays dans la force Takuba », a déclaré M. Le Drian.
Il s’est défendu de tout échec de la présence française dans la région, estimant que « le Mali serait sinon devenu un État djihadiste » et rappelant que des élections ont pu avoir lieu en 2013 et 2018.
Et d'ajouter : « Mais depuis que les pulsions djihadistes se sont développées, l’enjeu n’est plus uniquement entre la France et le Mali, mais entre les pays européens et le Sahel, pour leur propre sécurité et leur propre souveraineté ».
M. Le Drian a aussi rejeté toute idée d'ingérence française, affirmant que, si la France est allée au Mali, « c'est parce que le Mali l'a demandé, et qu'ensuite cela a été validé par l'ONU ». (Aminata Niang)