Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a confirmé, mardi 25 janvier, la tenue, mercredi 26, d’une réunion des conseillers diplomatiques français, allemand, russe et ukrainien en format Normandie, à Paris.
Selon lui, la tenue en elle même de cette rencontre technique est « une avancée ». « C’est la première fois, concrètement, qu’il y a une forme d’avancée technique positive, qui, je l’espère, pourra nous permettre d’avancer », a-t-il expliqué lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, rappelant que les rencontres de ces derniers jours étaient politiques.
M. Le Drian a rappelé que, lors du sommet de Paris, le 9 décembre 2019, les quatre dirigeants s’étaient mis d’accord sur une feuille de route qui porte sur un aspect humanitaire – avec notamment des échanges de prisonniers – et un aspect politique, sur le statut du Donbass. « Tout cela est sur la table, il faut de la volonté politique pour aboutir des deux côtés. Il y aura peut-être demain une avancée », a-t-il ajouté.
En visite à Berlin avec le chancelier allemand, Olaf Scholz, en fin de journée, le président français, Emmanuel Macron, a insisté sur la nécessité de poursuivre le dialogue au sein du format Normandie. « Il ne faut jamais abandonner un format de discussion et d'échanges », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse avec le chancelier, tout en reconnaissant que les résultats n'étaient pas à la hauteur des engagements et des attentes placées. « Mais abandonner et renoncer, c'est acter qu'une solution politique n'est plus sur la table », a-t-il ajouté.
Au-delà de la réunion des conseillers diplomatiques, M. Macron a évoqué la possibilité d'une réunion à organiser en Allemagne, sans donner plus de détails. Il a estimé que la perspective de ces rencontres créait des attentes positives et permettait de réengager les choses.
Devant les médias, le président a rappelé l'unité des deux pays sur le dossier ukraino-russe. « Il est important de travailler ensemble bilatéralement, au sein de l'UE, de l'OSCE, de l'OTAN, c'est une tâche importante pour nous de faire avancer le sujet. Cela vaut aussi pour le format Normandie ou nous avons une tâche commune à accomplir », a ajouté M. Scholz.
Les deux dirigeants ont mis en avant la nécessité de dialoguer, tout en rappelant qu'une agression militaire russe en Ukraine aurait des conséquences et un prix élevé pour la Russie. Interrogé sur le refus de l'Allemagne de livrer des armes à l'Ukraine, le chancelier a rappelé que son pays avait toujours décidé de ne pas livrer d'armes létales ces dernières années, mais que Berlin faisait beaucoup pour favoriser le développement économique de l'Ukraine et pour l'aider.
La veille, lundi 24 janvier, dans la soirée, les présidents du Conseil européen, Charles Michel, de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, américain, Joe Biden, français, Emmanuel Macron, polonais, Andrzej Duda, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, le chancelier allemand Olaf Scholz, et les Premiers ministres italien, Mario Draghi, et britannique, Boris Johnson, s’étaient entretenus pour discuter des tensions actuelles à la frontière entre l'Ukraine et la Russie et coordonner leur réponse en cas d'agression militaire contre l'Ukraine.
Selon une source européenne, lors de la réunion, les dirigeants ont rappelé l’importance de soutenir l’Ukraine, de dialoguer avec la Russie, de poursuivre une coopération étroite et, enfin, de répondre, en cas de nécessité, à une agression russe avec un paquet sans précédent de sanctions. Ils ont aussi, selon cette source, convenu que les principes fondamentaux de la sécurité européenne n’étaient pas à renégocier. (Camille-Cerise Gessant)