Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé, mardi 25 janvier, qu’il allait proposer le 22 février une présence maritime coordonnée dans la région indopacifique, comme celle qu’elle a dans le golfe de Guinée.
« Nous pensons augmenter la présence dans l’Indopacifique et, lors de la prochaine réunion de la Présidence française (du Conseil de l’UE) à Paris, nous mettrons sur la table une proposition pour déclarer le sud de la zone indopacifique zone d’intérêt spécifique (area of special interest) pour un déploiement naval », a-t-il expliqué devant la commission des Affaires étrangères et la sous-commission ‘Sécurité et défense’ du Parlement européen.
La Présidence française du Conseil de l’UE organise, le 22 février à Paris, un Forum ministériel pour la coopération dans la région indopacifique, avec des tables rondes qui porteront sur la sécurité et la défense, la connectivité et le numérique et les enjeux globaux (climat, biodiversité et santé).
Selon un document obtenu par EUROPE, daté du 19 janvier, le Service européen pour l'action extérieure propose que cette présence maritime coordonnée se situe dans le nord-ouest de l'océan Indien, « zone qui présente de nombreux défis en matière de sécurité maritime et qui revêt une importance particulière pour la protection des intérêts de l'UE », notamment car il s’agit d’une route commerciale importante.
« La zone d’intérêt maritime du nord-ouest de l’océan Indien renforcerait le rôle de l'UE dans le développement de l'architecture régionale de sécurité maritime, car elle occupe une position unique pour développer un lien fiable entre trois régions, le détroit d'Ormuz, la Corne de l'Afrique et la mer Rouge », estime le SEAE.
Selon lui, la zone serait géographiquement définie sur la base des zones d'opérations existantes : l'opération PSDC de l'UE Atalanta et l'opération AGÉNOR et porterait sur la mer Rouge, le golfe d'Aden, l'entrée du golfe Persique, la mer d'Arabie et une partie de l'océan Indien, selon une carte présentée dans le document du SEAE. (Camille-Cerise Gessant)