Le ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie, a une nouvelle fois cité, mardi 25 janvier, les sujets de la réciprocité des normes et de l’agriculture bas carbone comme étant les deux principales priorités de la Présidence française du Conseil de l’UE.
Ces priorités, énoncées devant la commission de l’agriculture du Parlement européen, ont été présentées le 17 janvier lors de la dernière réunion des ministres européens de l’Agriculture (EUROPE 12870/4).
Réciprocité des normes. Le premier combat est la mise en œuvre des clauses miroirs sur les antibiotiques de croissance dans le domaine de l’élevage, a rappelé M. Denormandie, en réponse à des questions de plusieurs eurodéputés. La date butoir du 28 janvier 2022 est prévue ; or, la Commission européenne ne pourra pas la respecter, a déploré M. Denormandie.
Par ailleurs, il a ajouté que la révision prochaine de la directive 2009/128/CE sur une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable devait : - harmoniser les pratiques au niveau européen ; - introduire la question des limites maximales de résidus (LMR).
Stockage du carbone. Ce sujet sera le thème de la réunion informelle des ministres européens de l’Agriculture, du 6 au 8 février, à Strasbourg. M. Denormandie a indiqué notamment à Ulrike Müller (Renew Europe, allemande) qu’il faudra identifier les bonnes pratiques (agriculture de conservation des sols, haies, agroforesterie, zones humides) et débattre de la création du ‘label carbone’ (qui existe dans le cadre de la création des crédits carbone).
'De la ferme à la table'. M. Denormandie a indiqué, en réponse notamment à des questions d’Herbert Dorfmann (PPE, italien), que des textes législatifs mettant en musique la stratégie 'de la ferme à la table' seront présentés d’ici « un an et demi ou deux ans ». Il a insisté sur l’importance d’avoir des études de faisabilité.
Cette vision politique de la stratégie 'de la ferme à la table' doit se traduire par des textes législatifs « ambitieux, mais pragmatiques », a déclaré le ministre français. « Car si cela doit se traduire par une baisse de la souveraineté alimentaire au niveau de l’UE ou par une substitution de nos efforts environnementaux par des importations, cela ne fait aucun sens », a-t-il insisté.
Situation des marchés. M. Denormandie a défendu l’adoption de mesures de marchés en faveur, notamment, de la viande porcine. Il a évoqué les mesures de stockage et de régulation des volumes de viande porcine.
Le sujet sera évoqué une nouvelle fois lors du Conseil Agriculture de mars.
Indications géographiques. Face aux inquiétudes de Paolo De Castro (S&D, italien) sur la révision du système des indications géographiques, le président en exercice du Conseil a indiqué qu’il fallait attendre les propositions de la Commission. Il convient de protéger les indications géographiques, a insisté le ministre français.
‘Nutriscore’. M. Denormandie a souligné, en répondant notamment à M. De Castro, qu’il n’y aura pas, sous Présidence française, de textes sur ce sujet, mais il a défendu des mesures européennes. « Un groupe de 7 pays de l’UE a été créé pour avancer sur la question du Nutriscore et se mettre d’accord sur des méthodologies qui préservent les produits de nos territoires », a dit le ministre. Il y a des enjeux de quantité, a rappelé M. Denormandie.
Enfin, le ministre français a jugé « faux » les dires de Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) sur la baisse des aides en France en faveur du bio. M. Denormandie a relevé que la « ligne bio du plan stratégique national sur la PAC passe de 250 à 340 millions d’euros ». Le ministre français a également précisé que les surfaces en bio avaient doublé en France depuis 2017. (Lionel Changeur)