Demain, mercredi 26 janvier dans l'après-midi, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe débattra d’un rapport sur l’empoisonnement du dissident russe Alexeï Navalny.
Le débat sera suivi d’un vote sur ce texte, assorti d’une résolution qui appelle la Fédération de Russie à ouvrir « une enquête indépendante et effective » sur cet empoisonnement, conformément à ses obligations liées à la Convention européenne des droits de l’homme, et à enquêter sur les allégations d’élaboration et d’utilisation d’une arme chimique sur son territoire, comme le lui impose la Convention sur les armes chimiques.
Les membres russes de la Commission des droits de l’homme de l’APCE chargée du dossier ont d’ores et déjà fait savoir que leur délégation « ne se considère liée par aucune obligation de mettre en œuvre les décisions de l’APCE qui découlent d’un soi-disant empoisonnement d’Alexeï Navalny ».
Ils dénoncent un texte à charge, rédigé par un rapporteur – le Français Jacques Maire (ALDE) - dont le but est de parvenir à l’exclusion de la Russie du Conseil de l’Europe.
Pour Jacques Maire, outre l’importance de protéger M. Navalny en le maintenant dans le débat public, ce rapport « veut établir les faits et de les qualifier sur le plan juridique ».
Il souligne que son travail « prouve l’empoisonnement en se basant uniquement sur les analyses scientifiques pratiquées dès l’hospitalisation d’Alexeï Navalny à Omsk, en Russie ».
« Les conclusions du Dr. Jacoby, qui l’accompagnait dans son transfert vers Berlin, indiquent un empoisonnement au moyen d’un inhibiteur organophosphoré appartenant au groupe dit 'novitchok', d’autres analyses menées en Allemagne ont confirmé ce diagnostic renforcé par l’avis d’un expert en armes chimiques de l’université d’Édimbourg, pour qui il s’agit d’un empoisonnement par voie cutanée ». (Véronique Leblanc)