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Bulletin Quotidien Europe N° 12873
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Femmes

Le débat au PE sur les droits sexuels et reproductifs est toujours aussi clivant

Le débat des eurodéputés sur les droits sexuels et reproductifs a fait réapparaître, jeudi 20 janvier, la fracture entre les positions des familles politiques progressistes et conservatrices, six mois après l'adoption par le Parlement européen du rapport 'Matić', qui invite les États membres à dépénaliser l’avortement et à éliminer les obstacles auxquels sont encore confrontées de nombreuses femmes souhaitant y accéder (EUROPE 12748/12).

Ces discussions ont été tenues à la demande du groupe social-démocrate en réaction à l'élection à la présidence du PE de la chrétienne-démocrate maltaise Roberta Metsola (EUROPE 12871/1), connue pour des positions anti-avortement. Mme Metsola, qui a ouvert le débat jeudi, s'est néanmoins associée au pacte 'Simone Veil', initiative qui vise à promouvoir l'harmonisation vers le haut du droit des femmes dans l'UE (EUROPE 12398/11).

La présidente du groupe S&D, l'Espagnole Iratxe García Pérez, a noté que les droits sexuels et reproductifs allaient bien au-delà de la simple question de l'avortement. Rappelant que la vie de milliers de femmes était en jeu en Europe, elle a fait sien un slogan de la campagne ayant conduit à la légalisation de l'avortement en Argentine, fin 2020 : « L'éducation sexuelle pour décider, des moyens contraceptifs pour ne pas avorter, l'avortement légal pour ne pas mourir ».

Au nom de la Présidence française du Conseil de l'UE, le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Clément Beaune, a rappelé la proposition, la veille, du président français, Emmanuel Macron, d'étendre à l'avortement la Charte des droits fondamentaux dans l'UE (EUROPE 12872/1). « C'est le moment de montrer que les droits avancent », a-t-il considéré.

La vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová, s'est dite prête à coopérer avec les autorités françaises dans ce sens. Mme García Pérez a salué cette annonce. Les groupes Verts/ALE et La Gauche sont sur cette ligne. Et Samira Rafaela (Renew Europe, néerlandaise) a demandé au Parlement et au Conseil de défendre le pacte 'Simone Veil'. 

Aux antipodes des positions progressistes, Jadwiga Wiśniewska (CRE, polonaise) a nié le fait que le droit à l'avortement soit un droit humain. « Bien au contraire », a-t-elle estimé, critiquant « la confusion idéologique » que la 'gauche' tenterait de semer dans les esprits. Selon elle, « le droit à la vie » des enfants, même avant leur naissance, doit être le principe de base. « la Charte des droits fondamentaux ne doit pas être discutée », a-t-elle tranché.

Quant à Silvia Sardone (Identité et Démocratie, italienne), elle a détourné le débat en dénonçant les violences faites aux femmes par des personnes immigrées. Elle a regretté que le Parlement soit plus intéressé à défendre le langage de l'égalité de genre que la violence faite aux femmes. (Mathieu Bion)

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