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Bulletin Quotidien Europe N° 12748
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Femmes

Le Parlement européen adopte le rapport 'Matić' sur les droits sexuels et génésiques malgré l'opposition massive de la droite

Le Parlement européen a approuvé par 378 voix pour, 255 contre et 42 abstentions, jeudi 24 juin, le rapport de Predrag Fred Matić (S&D, croate), appelant à la protection des droits et de la santé sexuels et reproductifs dans l’UE. Tout un symbole, après le revers infligé au rapport d’Edite Estrela par la droite européenne en 2013.

« Je suis fière que la majorité de notre Assemblée reconnaisse qu'au 21e siècle, nous ne devons plus traiter les femmes comme des citoyens de seconde zone, mais respecter leurs aspirations et leurs libertés et veiller à ce que toutes les Européennes aient accès aux soins de santé qu'elles méritent », s’est félicité le rapporteur à l’issue du vote.

Le texte adopté invite notamment les États membres à dépénaliser l’avortement et à éliminer les obstacles et difficultés auxquels sont encore confrontées, dans l’UE, de nombreuses femmes souhaitant y accéder.

« 15 millions de femmes en Europe n’ont toujours pas accès à un avortement sûr et légal », a insisté Irene Tolleret (française), rapporteur pour le groupe Renew Europe, lors du débat organisé en amont du vote. Restreindre l’avortement « ne fait que le rendre clandestin, sans protection et dangereux pour la santé physique et psychique », a insisté Sandra Pereira (portugaise), représentante de La Gauche.

Le rapport formule aussi toute une série de recommandations à l’adresse des États sur des sujets tels que l’éducation sexuelle, la précarité menstruelle ou l’accès aux traitements de fertilité. Plusieurs dispositions visent également la Commission européenne. Elle est invitée, par exemple, à élaborer des normes communes en matière de soins de maternité, de grossesse et d’accouchement.

La droite vent debout

Comme en 2013, les trois groupes les plus à droite de l’hémicycle se sont massivement opposés au rapport et mobilisés pour y faire barrage. Le CRE ainsi que le PPE, en dernière minute, ont présenté leurs propres résolutions alternatives. Toutes deux ont été rejetées par la plénière. Le CRE a également demandé que soit votée une motion visant à déclarer le rapport Matić irrecevable. Sans succès.

Lors du débat, Simona Baldassarre (italienne), rapporteur pour le groupe ID, a dénoncé un « rapport idéologique clivant ». Au nom du PPE, l’Irlandaise Frances Fitzgerald a, pour sa part, tenu un discours plus nuancé, expliquant que son groupe était gêné par l'incompatibilité du texte avec le principe de subsidiarité et avec « la liberté de conscience ».

C’est toutefois la question de l’avortement qui a principalement cristallisé les tensions, une majeure partie de la droite européenne y demeurant opposée.

Le rapport a, par ailleurs, été la cible d'une campagne massive d'opposition menée par des mouvements antiavortement partout dans l'UE. Une campagne dénoncée par nombre d'intervenants en plénière, notamment le rapporteur qui en a été la cible principale (EUROPE 12745/7).

Si beaucoup se sont donc félicités de l'issue du vote, bien des députés n'ont pas caché leur crainte face à la montée de mouvements ultraconservateurs, notamment au sein du Parlement. (Agathe Cherki)

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