La Cour de justice de l'Union européenne a condamné l'Espagne, jeudi 24 juin, pour infraction aux directives de protection de la nature - les directives ‘Habitats’ (92/43/CEE) et ‘Oiseaux’ (2009/147/CE) - qui l'obligent à protéger les masses d'eaux souterraines et les habitats naturels, tels que les mares temporaires méditerranéennes, dans l'espace naturel de Doñana en Andalousie (affaire C-559/19) (EUROPE 12179/32).
En dehors de ces zones protégées, se trouvent les zones de culture européennes les plus importantes pour les fruits rouges, en particulier les fraises. L’irrigation destinée à ces cultures puise des quantités importantes d’eaux souterraines. Ce captage dépasse, dans certaines zones protégées, le renouvellement des eaux souterraines, une situation qui entraîne, depuis de nombreuses années, une baisse de leur niveau.
Selon la Cour, le plan hydrologique du Guadalquivir 2015-2021 ne contient pas toutes les informations nécessaires pour déterminer l’incidence de l’activité humaine sur les masses d’eau souterraines de la région de Doñana, au sens de la directive-cadre sur l’eau. Le captage d’eau illégal et le captage d’eau destiné à l’approvisionnement urbain n'ont en effet pas été pris en compte.
En outre, le plan hydrologique du Guadalquivir ne contient pas de mesures visant à mettre un terme à la détérioration des types d’habitats protégés situés à proximité de la zone touristique de Matalascañas en raison du captage excessif d'eau pour l'approvisionnement urbain.
Or, selon les données scientifiques, les détériorations de ces habitats persistent et s'aggraveront en raison de la baisse du niveau des eaux souterraines.
Voir l'arrêt : https://bit.ly/35Vsh2Z (Mathieu Bion)