Dans une lettre adressée aux ministres de l’Intérieur et de la Justice turcs envoyée le 17 juin et publiée ce jeudi 24 juin, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, appelle les autorités turques à respecter les engagements inscrits dans le Plan national pour les droits de l’homme lancé le 2 mars dernier, à mettre un terme à la stigmatisation des personnes LGBTI et à respecter leurs libertés de réunion, d’association et d’expression.
Dans ce courrier, Dunja Mijatović exprime sa préoccupation à trois niveaux.
En ce qui concerne la liberté de réunion, elle s’inquiète des « restrictions radicales » qui ont frappé, notamment, la Marche des fiertés ces dernières années. Elle appelle à lever les interdictions de tels événements et à « assurer la sécurité des participants ».
Autre sujet d’inquiétude, les restrictions imposées aux activités des organisations non gouvernementales et les limites à la liberté d’association imposées par Ankara au nom de la lutte contre le terrorisme.
Ces mesures ont également entravé le travail des organisations LGBTI, avertit la Commissaire, qui rappelle avoir maintes fois dénoncé le recours abusif aux procédures judiciaires dont usent les autorités turques pour restreindre l'activisme de la société civile et réduire au silence les défenseurs des droits humains, les ONG et les avocats.
Enfin, Dunja Mijatović s’inquiète de « la montée visible de la rhétorique haineuse et de la propagation de discours homophobes par certains politiciens et faiseurs d’opinion en Turquie » ainsi que de « l’immunité pour les crimes haineux transphobes ».
Et d'appeler « les autorités à inverser ces tendances négatives et à assurer une protection efficace des droits humains des personnes LGBTI en Turquie ».
Lien vers la lettre de la Commissaire (en anglais) : https://bit.ly/3gW3HnW (Véronique Leblanc)