Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, a indiqué, jeudi 11 novembre, dans la foulée du Conseil 'Commerce', que les négociations avec le Chili autour de l'accord commercial étaient complétées sur le plan technique. En revanche, « les consultations politiques continuent », selon lui. Lors de cette réunion des ministres du Commerce, la plupart des participants se sont prononcés en faveur de cette conclusion. La France exprime, quant à elle, des réserves sur le contenu de l'accord, selon deux sources européennes.
À l'arrivée au Conseil, jeudi matin, Valdis Dombrovskis avait dit « compter sur le soutien de la France » sur ce sujet « important pour l'UE ».
Le ministre français du Commerce, Franck Riester, déclarait au même moment vouloir faire passer la « substance, avant les délais de négociation ». « Nous devons être exigeants sur ces nouvelles négociations pour faire en sorte que ces accords de libre-échange soient des leviers pour faire bouger d'autres préoccupations, à commencer par le développement durable ».
La France prendra la Présidence du Conseil de l'UE en janvier et sera engagée également au printemps dans son élection présidentielle. Selon plusieurs sources, le pays s'inquiète des importations de poulet provenant du Chili, qui pourraient déstabiliser ses producteurs.
Au sortir de la réunion avec les ministres, Valdis Dombrovskis a expliqué que, bien que les négociations soient complétées et que la Commission ait la compétence exclusive dans ce domaine, des consultations politiques avec les États membres avant la conclusion étaient utiles pour anticiper la ratification. Il a également précisé que le Chili tenait également son élection présidentielle au mois de novembre. Ceci constitue un motif pour conclure les négociations le plus tôt possible, pour la Commission.
Quant à l'accord avec la Nouvelle-Zélande, il nécessite encore un travail substantiel, selon la Commission.
Préparation de la 12e conférence ministérielle de l'OMC
Les ministres ont pu également travailler à la préparation de la 12e conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui se tiendra du 30 novembre au 3 décembre. Pour eux, il est clair que les partenaires et membres de l'OMC doivent fournir davantage d'efforts pour arriver à des compromis sur les différents sujets à l'agenda.
L'UE rejoint l'objectif de la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, d'obtenir un accord sur les subventions à la pêche, sur l'agriculture, ainsi que sur le commerce et la santé. Elle insiste également sur le besoin d'aborder la réforme de l'OMC et de fixer un agenda clair, avec comme point d'horizon la 13e conférence ministérielle.
« Nous avons besoin de voir plus d'ambition de la part de nos partenaires mondiaux, de travailler de manière constructive, dans un esprit de compromis », a insisté M. Dombrovskis.
Le ministre français, de son côté, a appelé les États-Unis à « bouger sur la question de la réforme de l'OMC ».
États-Unis
La réunion a été l'occasion de faire le point sur les récents développements dans la relation UE-États-Unis (EUROPE 12824/4, 12801/20, 12741/1), ainsi que de tenir une discussion par visioconférence avec la Représentante américaine au Commerce, Katherine Tai.
Les ministres ont fait part à la Commission de leurs encouragements pour continuer leur coopération « constructive » avec les États-Unis, d'après les mots du ministre slovène du Commerce, Zdravko Počivalšek.
Par ailleurs, lors d'une conférence à l'Université catholique de Louvain, vendredi 12 novembre, la commissaire européenne chargée de l'Europe adaptée à l'ère numérique et à la Concurrence, Margrethe Vestager, a ajouté aux attentes de l'UE envers le partenaire transatlantique. Pour assurer une stabilité sur le marché des semi-conducteurs, elle a rappelé le besoin de transparence et d'ouverture des marchés.
« Certaines restrictions imposées pendant la crise n'étaient pas toujours proportionnées. Nous devons fournir un environnement stable et prévisible à l'industrie. Nous avons besoin de l'assurance que nous pouvons continuer à compter sur nos partenaires, en temps de crise surtout, et cela même si le paysage politique change », a-t-elle insisté. (Léa Marchal)