À l'initiative du groupe S&D au Parlement, des sociaux-démocrates européens ont présenté, mercredi 27 octobre à Bruxelles, les propositions politiques d'avenir et les propositions concrètes qu'ils préconisent pour bâtir des sociétés plus justes et plus durables par des solutions globales fondées sur le bien-être des populations et non sur le seul PIB.
Le deuxième rapport sur la société progressiste, intitulé 'Le grand virage - d'un monde brisé au bien-être durable', rendu public à cette occasion, contient plus de 240 propositions.
Il est le fruit d'un an de travail de 25 experts membres de la 'commission indépendante pour l'égalité durable' (ICSE), sous la direction de l'ancien Premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen et de la vice-première ministre espagnole, Teresa Ribera Rodriguez, afin de trouver des solutions pour surmonter la méta-crise actuelle et de construire 'des sociétés de bien-être durables'.
Pour la Présidente du groupe S&D au Parlement européen, l'Espagnole Iratxe García Pérez, ce rapport est « la feuille de route pour le grand virage, en travaillant sur la législation ; une réflexion pour avancer de manière coordonnée sur tous les fronts, en vue d'une société plus durable, plus humaine ».
Il contient « des recommandations à négocier pour influencer le programme de travail de la Commission européenne et le programme électoral 2024 en promouvant les valeurs de solidarité et de justice sociale ».
Lutte contre la pauvreté, protection de la biodiversité, COP26, réforme de la gouvernance, y compris économique, sont des ingrédients de l'ambition globale préconisée.
Le vice-président du groupe S&D, le Français Éric Andrieu, a jugé « essentiel, à un moment refondateur de la famille sociale-démocrate, de fournir des éléments d'analyse et des propositions concrètes et opérationnelles ».
À la base du rapport, un constat : le capitalisme en place depuis 50 ans est économiquement injuste. 1% de la population détient plus de 25% de la richesse européenne (au niveau mondial 1% détient 44% de la richesse), quand 91 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, a-t-il souligné.
« Les crises sociale, climatique, économique, politique ne peuvent pas être traitées individuellement. On parle de méta-crise pour souligner la nécessité d'une vision globale pour traiter ces crises en même temps. La réponse européenne est intéressante, mais c'est une bombe sociale en puissance. La Commission n'a pas mesuré son impact sur les populations. Il faut une transition juste au plan social», » a déclaré l'eurodéputé, citant la stratégie 'de la ferme à la table' (F2F) et le paquet législatif climatique 'Fit for 55'.
Figurent au nombre des propositions politiques qu'ils qualifient d'avant-gardistes : - la réforme du 'Pacte de stabilité et de croissance' pour le transformer en un 'Pacte européen pour le bien-être durable' ; - une loi contraignante sur la biodiversité pour protéger les plantes et les animaux ; - une loi européenne contraignante de lutte contre la pauvreté pour éradiquer la pauvreté d'ici 2050 ; - un impôt européen sur la fortune nette pour lutter contre les inégalités croissantes et financer les investissements publics ; - la garantie de l'énergie en tant que droit social fondamental pour contrer l'explosion des prix de l'énergie ; - la prise en compte de l'empreinte carbone des biens importés ; - une loi sur le capitalisme responsable pour réglementer la responsabilité sociale et écologique des entreprises faisant des affaires dans le marché unique ; - une assurance contre les risques climatiques pour les ménages à faibles revenus en cas de dommages causés par le changement climatique.
« Les assurances privées ne suffisent pas pour la justice sociale. Il faut un principe d'assurance comme pour l'assurance maladie où le plus grand nombre cotise », a précisé M. Andrieu.
Ce rapport sera présenté le 12 novembre à Paris pour lancer la campagne de la maire de Paris et candidate à l'élection présidentielle française, Anne Hidalgo, en présence du Premier ministre portugais, António Costa, du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, de la ministre espagnole Teresa Ribera Rodríguez et du président du PSE, Sergueï Stanishev.
Pour consulter le rapport : https://bit.ly/3GsHp9m (Aminata Niang)