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Bulletin Quotidien Europe N° 12709
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Droits fondamentaux

Les eurodéputés interpellent les autorités maltaises au sujet des atteintes à la démocratie et à la liberté de la presse dans le pays

Dans une résolution adoptée mercredi 28 avril, le Parlement européen s’est déclaré « très inquiet » des dernières révélations mises au jour par l’enquête sur l’assassinat de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia (EUROPE 11885/2).

« Notamment en ce qui concerne l’implication possible de ministres et de personnalités nommées par le gouvernement », soulignent les eurodéputés. L’un des complices présumés et certains enregistrements présentés lors du procès ont en effet impliqué le chef de cabinet du précédent Premier ministre maltais, Joseph Muscat, dans la planification et le financement du meurtre, rappellent-ils.

Le Parlement européen appelle donc le gouvernement maltais à faire le maximum pour traduire en justice l’ensemble des personnes impliquées dans l’assassinat de la journaliste, ainsi que les responsables d’autres infractions qu’elle avait dénoncées.

Il salue, par ailleurs, le caractère « essentiel » du travail de Daphne Caruana Galizia, « qui a levé le voile sur la corruption à Malte ». La résolution appelle, à ce titre, le gouvernement maltais à traiter la lutte contre la criminalité organisée, la corruption et l’intimidation des journalistes « comme une priorité absolue ».

Les députés dénoncent en outre « les attaques graves et persistantes contre l’État de droit, la démocratie et les droits fondamentaux » observées sur l’île et s’inquiètent des menaces qui pèsent sur les journalistes et la liberté de la presse.

Bien qu'ils saluent les progrès accomplis dernièrement par le gouvernement maltais en matière d’État de droit, ils plaident donc tout de même pour que des réformes soient menées. Afin, entre autres, que les garanties constitutionnelles en matière de séparation des pouvoirs soient consolidées.

Les socialistes au secours du gouvernement

Si le texte dans son ensemble a été massivement soutenu, le détail des votes sur les amendements offre, lui, un tableau plus nuancé.

En effet, l’ensemble du groupe S&D – à l’exception de deux eurodéputés français – semble avoir voté de manière à limiter les coups portés au gouvernement maltais. Pour mémoire, le Premier ministre, le président du pays ainsi que quatre des six députés maltais siégeant au Parlement européen sont membres du parti travailliste, rattaché au S&D.

Le groupe a ainsi soutenu un amendement – rejeté par la quasi-totalité des autres groupes – qui suggérait au Parlement de simplement « constater » et non de « regretter » la dégradation de l'État de droit dans le pays. L'amendement, s'il avait été adopté, aurait par ailleurs fait disparaître le lien établi dans la résolution entre l'affaire Caruana Galizia et cette dégradation.

Les socialistes ont également voté un amendement – lui aussi massivement rejeté par les autres factions – précisant que c’était « à l’invitation du gouvernement maltais » que le FBI avait participé aux enquêtes sur l’assassinat.

Le S&D, ainsi que nombre d’eurodéputés de Renew Europe, s’est en outre opposé à un amendement précisant que « la pratique courante consistant à attribuer les marchés publics sur la base d’ordres directs fait courir un important risque de corruption et doit être abolie ». L'amendement n'a donc pas été adopté.

Jeudi matin, la présidente du groupe, Iratxe Garcia Perez (espagnole), s’est par ailleurs fendue d’un tweet saluant la « coopération » du gouvernement maltais « à la recherche de la vérité » sur cet assassinat. « Sa coopération constructive et transparente avec l'UE et d'autres institutions constitue un modèle pour les autres États membres », a-t-elle ajouté.

Le S&D – à l’exception de ses quatre membres maltais – a cependant largement soutenu l’amendement déposé par les Verts/ALE priant les autorités maltaises d’adopter une loi nationale relative aux « procédures bâillons » (ou SLAPPs - EUROPE 12689/22), en attendant que la Commission européenne présente sa proposition sur le sujet.

C’est justement l’eurodéputé socialiste Tiemo Wölken (allemand) et la Maltaise Roberta Metsola (PPE) qui seront chargés de travailler, au nom du Parlement européen, sur cette proposition visant à mettre un terme à ces actions en justice abusives censées faire taire les journalistes.

Pour consulter la résolution adoptée mercredi : https://bit.ly/3e3a9ta (Agathe Cherki)

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