Les eurodéputés ont adopté, jeudi 29 avril, en session plénière, à une majorité relative (510 voix contre 42 et 139 abstentions) une résolution sur la garantie pour la jeunesse, dans laquelle ils suggèrent à la Commission européenne d’examiner la possibilité de créer une Autorité européenne pour l’enfance.
Cette Autorité européenne aurait pour rôle de soutenir et de contrôler la mise en œuvre des recommandations par les États membres, mais aussi de coordonner les travaux au niveau national en facilitant l’échange de bonnes pratiques, comme l’avait mentionné Dragoș Pîslaru (Renew Europe, roumain) en commission (EUROPE 12687/13). « Cela n’implique aucune modification du traité ni aucune perte de souveraineté nationale, ni même la création de nouvelles compétences », a déclaré Sylvie Brunet (Renew Europe, française) en session plénière.
Dans sa réponse aux parlementaires, le commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, s'est gardé de commenter la proposition de créer une telle Autorité, mais a conclu avec une réponse lapidaire sur l’importance que revêtait le Sommet social de Porto qui se tiendra les 7 et 8 mai prochains (EUROPE 12708/15).
1 000 jours
Parmi les autres propositions de cette résolution, les parlementaires appellent en outre à l’élaboration d’une approche européenne globale sur la petite enfance, qui se centrerait sur les 1 000 premiers jours en prenant en compte, notamment, la santé maternelle (en mettant l’accent sur la santé mentale). Par ailleurs, les parlementaires insistent sur la lutte contre les abus et l’exploitation sexuelle des enfants en ligne, qui touchent en premier lieu les enfants frappés par la pauvreté.
Les amendements du groupe ID ont été rejetés. Ces amendements visaient notamment à biffer toute mention à la situation particulière des enfants issus de l’immigration, de minorités ethniques (notamment roms) ainsi que les familles LGBTQI+.
Indicateurs qualitatifs
Durant le débat qui s’était tenu le jour précédent dans la soirée, les eurodéputés avaient globalement salué la garantie. Lucia Nicholsonová (CRE, slovaque), qui avait déposé le texte au nom de la commission ‘Emploi et Affaires sociales’ (EMPL), avait demandé que les États membres prennent en compte des indicateurs qualitatifs, et pas seulement quantitatifs, et que les ONG et les acteurs locaux soient mieux pris en compte, notamment dans les dépenses réalisées dans le cadre du nouveau Fonds social européen plus (FSE+).
Katrin Langensiepen (Verts/ALE, allemande), de son côté, s’était inquiétée de l’incidence de la pandémie, notamment pour les enfants en situation de pauvreté qui ont perdu leurs deux parents. Sandra Perreira (La Gauche, portugaise), pour sa part, avait dénoncé la responsabilité des politiques d’austérité menées notamment par les institutions européennes.
Le groupe ID s'est soit abstenu, soit a voté contre, tout comme le groupe CRE. Certains eurodéputés issus des délégations allemande, suédoise ou d'Europe de l'est du PPE se sont également abstenus. De même, certains suédois et néerlandais du groupe Renew Europe. (Pascal Hansens)