Le Parlement européen a demandé aux autorités boliviennes, jeudi 29 avril, de « libérer immédiatement » l'ancienne présidente par intérim, Jeanine Áñez, ainsi que deux anciens ministres du gouvernement mis en place après les élections présidentielles controversées d'octobre 2019 ayant abouti à la fuite du président sortant, Evo Morales (EUROPE 12678/25).
Reprenant à son compte (396 voix pour, 267 contre, 28 abstentions) un projet de résolution commune des groupes PPE, Renew Europe et CRE, les députés condamnent « la détention arbitraire et illégale » des trois dirigeants. Selon eux, Mme Áñez s’est « totalement acquittée de la mission qui lui incombait au titre de la constitution bolivienne en tant que deuxième vice-présidente du Sénat lorsqu'elle a rempli le vide présidentiel laissé par la démission de l'ancien président, Evo Morales, à la suite des émeutes violentes qui ont été déclenchées par une tentative de fraude électorale ».
Selon Leopoldo López (PPE, espagnol), « Mme Áñez a été indûment emprisonnée et faussement accusée de prétendus délits de conspiration, de sédition et de terrorisme » alors qu'elle a assumé la présidence à titre transitoire « de manière légale » à l'issue d'un dialogue tenu sous l'égide de l'Église, de l'Union européenne et de l'Espagne.
À gauche de l'échiquier politique, le son de cloche est tout autre. Javi López (S&D, espagnol) a critiqué « les forces conservatrices » du PE, dont la résolution « hautement politisée » sur la Bolivie « cherche à réécrire ce qui s'est passé dans le pays ces dernières années ». « Vous en venez maintenant à présenter Áñez comme une héroïne qu'il faudrait mettre sur un piédestal. Vous dépassez toutes les limites et laissez l'image de ce Parlement en lambeaux. Et ensuite ? Allez-vous justifier Pinochet et Videla ? », a lancé Manu Pineda (La Gauche, espagnol) aux auteurs de la résolution.
Voir le texte de la résolution : https://bit.ly/3gNBDVf (Mathieu Bion)