Le nouveau Premier ministre kosovar, Albin Kurti, a souligné, jeudi 29 avril, l’engagement de son pays en faveur de l’UE, lors de sa visite à Bruxelles, sa première visite à l’étranger.
« Nous sommes engagés envers l’UE et l’OTAN, il n’y a pas d’alternative pour le Kosovo », a-t-il promis lors d’un point presse avec le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, ajoutant que l’orientation de son pays vers l’UE et l’OTAN était « profonde et substantielle ».
Le Premier ministre a annoncé que le Kosovo souhaitait aligner les priorités et les programmes de son gouvernement sur la vision de l’UE, espérant une coopération étroite avec celle-ci. Il a ajouté que les priorités de son gouvernement portaient sur l’emploi et la justice et sur la gestion de la pandémie de Covid-19.
À cette occasion et alors que le pays, grâce au fonds de solidarité de l’UE, devrait recevoir prochainement 95 000 vaccins en quatre fois, dont une première livraison de 15 000 vaccins le 5 mai, M. Kurti a prévenu que son pays avait besoin de plus de vaccins afin que la diaspora kosovare puisse rentrer cet été au pays et aider à relancer l’économie. Selon lui, la diaspora apporte 850 millions d’euros par an au pays, sans compter ce qu’elle dépense en vacances. Le Premier ministre a par ailleurs expliqué que son pays n’imaginait pas de se tourner vers la Russie ou la Chine pour avoir les vaccins, mais se tournait vers l’UE.
De son côté, le Haut Représentant a appelé le Kosovo à mettre en place les réformes importantes qui attendent « depuis trop longtemps ».
Les deux hommes sont aussi revenus sur le dialogue entre la Serbie et le Kosovo, dont la prochaine rencontre à haut niveau devrait avoir lieu avant fin juin, selon M. Borrell. « Cela ne va pas être facile, cela ne va pas être plaisant », a-t-il prévenu, tout en ajoutant que cela serait bénéfique pour les Kosovars et les Serbes. Avant une nouvelle rencontre du dialogue à haut niveau, M. Kurti sera de retour à Bruxelles à la mi-mai pour un diner des dirigeants des pays des Balkans occidentaux.
Devant les députés de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, le Premier ministre kosovar a mis en avant quatre principes pour ce dialogue : - accepter la réalité, car « on ne peut pas retourner à la période pré-indépendance » du Kosovo ; - la reconnaissance par la Serbie des crimes qu’elle a perpétrés pendant la guerre ; - l’égalité des représentations ; - et, enfin, mettre les bénéfices pour les citoyens au cœur des discussions.
Selon M. Kurti, le premier problème à résoudre est celui des personnes disparues. Il y en aurait encore 1 600 au Kosovo. « Si on n’avance pas sur ce sujet, il sera difficile d’avancer dans les autres domaines », a-t-il estimé.
Le Premier ministre a aussi appelé le Conseil de l'UE à accorder à son pays la libéralisation des visas et à lui donner un parcours clair concernant l'intégration européenne.
Il a également demandé à l’UE de mettre en place un plan Marshall pour les Balkans occidentaux. « Il est dans l’intérêt de l’UE et de l’Europe de trouver une solution, un mini-plan Marshall qui accélérerait les réformes et achèverait le processus d’adhésion à l’UE. Le temps est venu pour l’Europe de sauver et reconstruire les Balkans occidentaux », a-t-il ajouté. « Nous sommes entourés de pays de l'UE et nous devons être traités comme de futurs membres de l’UE, et non en tant que voisins », a-t-il aussi estimé. (Camille-Cerise Gessant)