Les eurodéputés ont réservé un accueil positif aux recommandations instaurant une Garantie pour lutter contre la pauvreté infantile ('Child Guarantee'), lors d’un échange avec le commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, jeudi 25 mars.
Demande de longue date du Parlement européen (EUROPE 12083/11, EUROPE 11623/7), la Garantie, présentée la veille par la Commission (EUROPE 12685/12), a été - chose rare - bien accueillie par tous les coordinateurs et représentants de groupe, certains qualifiant le moment d'« historique », à l’instar de Beata Szydło (CRE, polonaise). La proposition de demander aux États membres de nommer un coordinateur national pour mettre en œuvre la Garantie, en plus de l’élaboration d’un plan d’action national, a été, elle aussi, bien accueillie.
Toutefois, certaines questions et observations ont été faites. Plusieurs eurodéputés, comme Katrin Langensiepen (Verts/ALE, allemande), ont fait remarquer qu’il faudrait élargir les recommandations pour mieux prendre en compte la situation familiale et les revenus du ménage. La députée a insisté sur les situations extrêmement discriminatoires dont souffrent les enfants handicapés dans des familles pauvres. Mme Szydło et Guido Reil (ID, allemand), quant à eux, ont insisté, sans surprise, sur le respect des compétences nationales dans le domaine.
Du côté des propositions, Dragoș Pîslaru (Renew Europe, roumain) a préconisé la création à terme d’une Autorité européenne de l’enfance afin de lutter plus efficacement contre la pauvreté infantile.
La société civile favorable, mais vigilante
Plusieurs acteurs de la société civile et représentants du monde académique étaient également présents durant la réunion. Christina Wieda, de la Bertelsmann Stiftung, tout en se félicitant de la proposition de la Commission européenne, a souhaité que le fléchage prévu dans la lutte contre la pauvreté infantile dans le cadre du Fonds social européen plus (FSE+) - 5% pour les États membres les plus touchés par le phénomène - soit étendu à tous les États membres.
Pour sa part, Hugh Frazer, chercheur à la Maynooth University, a mis en avant l'importance d'améliorer la qualité des données au niveau européen et a préconisé par ailleurs une clarification sur l’usage des différents fonds européens, qui manquent de lisibilité pour ce qui est de la lutte contre la pauvreté infantile.
La plus critique des interventions a été celle d'Anita Bay, de l’association Save the Children. Elle aussi a réclamé à ce que le fléchage dans le cadre du FSE+ concerne tous les États membres. Elle a surtout demandé que l’objectif de réduction pour 2030 du nombre d’enfants en risque de pauvreté soit porté à 9 millions, contre 5 millions à l’heure actuelle. (Pascal Hansens)