Lors d'un vote organisé vendredi 26 mars, la Collectivité européenne d'Alsace (CeA) a décidé à l'unanimité d'autoriser son président, Frédéric Bierry, à saisir la Médiatrice européenne, Emily O'Reilly, « en raison de la mauvaise administration du Parlement européen depuis le début de la crise sanitaire, caractérisée par l'absence de session plénière du Parlement européen à Strasbourg depuis le 13 février 2020 ».
Cette mauvaise administration est dénoncée à double titre : - en raison du non respect du Protocole 6 du Traité sur l'Union européenne qui prévoit la tenue de douze sessions plénières annuelles à Strasbourg, et ; - au vu de « l'absence de mise en œuvre de moyens dédiés à la tenue des sessions strasbourgeoises alors que, dès juin 2020, les collectivités locales et l'État français se sont mis à la disposition du Parlement afin d'établir un protocole sanitaire strict ».
Sur cette base, M. Bierry demandera à la Médiatrice européenne « le retour des sessions parlementaires mensuelles à Strasbourg au plus vite ainsi que la prise de mesures compensatoires comme la tenue des sessions plus longues ou l'accueil d'autres événements ou services ».
La France demande notamment que plusieurs sessions de travaux de la Conférence sur l'avenir de l'Europe se déroulent à Strasbourg.
La procédure sera relayée auprès de la Région Grand Est, l'Eurométropole de Strasbourg et la Ville de Strasbourg pour leur proposer de « s'associer à cette démarche destinée à défendre la capitale européenne ». (Véronique Leblanc)