Le ministre polonais du Climat et de l’Environnement, Michal Kurtyka, a adressé une lettre à la Commission européenne, le 18 mars, afin de demander à l’institution de se pencher sur le fonctionnement du système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’UE (EU ETS) à la suite de la récente forte hausse des prix du carbone.
« Compte tenu des préoccupations de nos entrepreneurs (face à l’augmentation des prix des quotas d’émission) ainsi que de l’objectif de l'ETS (…), la Pologne demande à la Commission européenne d’enquêter sur cette affaire et de prendre les mesures appropriées, notamment en modifiant l'ETS et d’autres directives », écrit ainsi le ministre polonais.
Selon M. Kurtyka, « la forte volatilité des prix des quotas de l’UE et la nécessité qui en résulte de mettre constamment à jour les prévisions de prix ont un impact négatif sur la planification du processus d’investissement » et risque d’entraver la transition vers une économie décarbonée.
Incertitude sur l’inclusion des secteurs du transport routier et du bâtiment
Cette lettre intervient alors que la Commission devrait présenter une proposition de révision de l'ETS dans le cadre de son paquet d’initiatives législatives ‘Ajustement à l’objectif 55’ prévu pour juin.
L’institution compte notamment proposer d’étendre le système ETS au secteur maritime, ainsi que de réduire les quotas gratuits attribués aux opérateurs aériens.
En revanche, elle ne semble pas avoir tranché la question de l’inclusion des secteurs du transport routier et du bâtiment dans ce système.
Dans un discours prononcé le 25 mars (https://bit.ly/3fgkUsY ), la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson a déclaré que le paquet ‘Ajustement à l’objectif 55’ « propose l’extension du système d’échange de quotas d’émission à des secteurs tels que le bâtiment et le transport routier ».
Toutefois, le même jour, le vice-président exécutif de la Commission en charge du Pacte vert européen, Frans Timmermans, a indiqué que cette question était toujours « en cours d’analyse », lors d’une visioconférence organisée par Eurogas.
Contactée par EUROPE, une porte-parole de la Commission nous a assuré qu’aucune décision sur cette question n’a été arrêtée à ce stade. (Damien Genicot)