Les milieux politiques et médiatiques européens se sont dits émus et choqués, mardi 17 octobre, de la mort de la journaliste et blogueuse maltaise Daphne Caruana Galizia. La journaliste avait été à l’origine des allégations de corruption et de comptes offshore de proches du Premier ministre maltais, Joseph Muscat, qui avaient mené à l'organisation d’élections anticipées sur l’île.
Quelques heures avant sa mort, elle relatait sur son blog les évènements du matin, où le chef de cabinet de Joseph Muscat, Keith Schrembi, avait rejeté devant la justice les allégations de corruption. La blogueuse écrivait qu’il y avait désormais des personnes corrompues partout, « la situation est désespérée », concluait-elle. Elle a été tuée lundi dans l’explosion d’une bombe qui avait été placée sous sa voiture. Joseph Muscat a immédiatement dénoncé « un acte barbare ».
Si le chef de l'opposition à Malte, Simon Busuttil a estimé que l'État de droit s'était effondré, la Commission a refusé de spéculer sur une possible ouverture de la procédure sur l'État de droit. Le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a dit sa confiance dans le fait que justice serait rendue.
« Si les journalistes sont réduits au silence, notre liberté est perdue », a réagi le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans, sur son compte Twitter. Sur une radio française, le commissaire à la Fiscalité, Pierre Moscovici, a expliqué qu’il ne pourrait mener son combat contre la fraude « sans les journalistes ». Le député européen écologiste Sven Giegold (allemand) a dit que cet évènement rappelait la Russie de (Vladimir) Poutine. La fédération des journalistes européens a, quant à elle, demandé une enquête approfondie. (Élodie Lamer)