Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE, puis leurs homologues des Affaires européennes ont discuté, lundi 16 et mardi 17 octobre, des relations - compliquées - entre l'UE et la Turquie, partenaire stratégique et pays candidat à l’adhésion à l'Union. Les chefs d’État ou de gouvernement se saisiront de la question, lors de leur dîner du 19 octobre.
« Je présenterai le débat que nous avons eu avec les ministres (...) au Conseil européen (...) pour refléter non seulement les pourparlers de négociation d'adhésion, mais aussi la politique étrangère et l'angle régional et de politique étrangère de notre travail avec la Turquie », a ainsi expliqué la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, à l’issue du Conseil Affaires étrangères, où la Turquie était à l’agenda pendant le déjeuner. La Turquie est un « acteur régional qui est crucial (pour l’UE) pour de nombreux aspects, des crises régionales à la lutte contre le terrorisme », a-t-elle expliqué, ajoutant qu’il s’agissait d’un « élément important à exposer » concernant la vue globale sur les relations UE/Turquie.
« Nous avons besoin l’un de l’autre, mais il faut respecter les règles et respecter les droits de l’homme et l’État de droit », a résumé le ministre des Affaires étrangères finlandais, Timo Soini. Même son de cloche chez le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn. « La Turquie s’éloigne de l’UE (…) Nous sommes très inquiets de la situation (dans le pays), mais la Turquie est un voisin. Il y a l’obligation de trouver des façons de travailler ensemble », a-t-il expliqué.
Selon une source européenne, sur la question de l’adhésion, la position des États membres n’avait pas changé lors du débat au Conseil Affaires générales. Les États membres ont, à plusieurs reprises, dénoncé la situation des droits de l’homme en Turquie. S’ils estiment que le processus d’adhésion est un bon canal de communication, les États membres soulignent qu’aucun chapitre d’adhésion ne peut être ouvert dans les circonstances actuelles. Pour le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, en raison de la situation des droits de l’homme dans le pays, « le processus d’élargissement, mais aussi un accord sur l’union douanière et sur les visas », sont « bloqués ». (Camille-Cerise Gessant)