Les ministres européens de la Santé ont procédé, mardi 16 mars, à un échange de vues sur la pandémie de Covid-19 et sur les grands dossiers relevant de leur compétence, parmi lesquels l'évaluation des technologies de santé, les propositions pour une Union de la santé et le plan de lutte contre le cancer, en invoquant le besoin de coordination.
Sur la pandémie de Covid-19, les États membres ont fait le point sur les problèmes rencontrés par AstraZeneca et sont convenus de suivre l'avis de l'Agence européenne des médicaments, qui doit être publié jeudi (voir autre nouvelle).
Lors du point presse qui a suivi la réunion, la commissaire Stella Kyriakides a insisté sur le fait que « chaque dose de vaccin compte ». Selon elle, il existe en effet des « variations inégales en termes de déploiement des vaccins ». « Cela doit évoluer de manière plus coordonnée, car il est important que nous ne prenions pas de retard au fur et à mesure que les livraisons augmenteront ».
Sur le projet de règlement relatif aux évaluations des technologies de santé, la Présidence portugaise du Conseil de l'UE a regretté qu'il n'ait pas été possible d'obtenir le soutien le 19 février et s'est engagée à retenter l'expérience le 19 mars, lors de la réunion du groupe de travail 'produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux' (EUROPE 12661/5).
Selon la ministre portugaise de la Santé, Marta Temido, la principale difficulté aujourd'hui serait plus politique que technique. Elle concerne l'article 6B du règlement et a trait au mode de décision du groupe de coordination, par consensus ou par majorité qualifiée. Comme à leur habitude, les États membres ne se sont pas exprimés en public sur ce dossier tenu secret.
Enfin, les ministres ont abordé les propositions pour une Union de la santé (EUROPE 12650/1). Seul à prendre la parole, le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, a appelé à renforcer le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l'Agence européenne des médicaments (EMA). Il a exprimé son souhait de parvenir à une position du Parlement et du Conseil « avant l'été », afin de pouvoir entamer les trilogues « d'ici la fin de l'année ».
Dans la matinée, la directrice de l'ECDC, était devant la commission parlementaire de l'environnement pour parler du travail du centre en 2020 et du manque de ressources auquel ce dernier avait fait face. « Nous avons réussi à terminer 60% des travaux prévus non liés à la Covid et 90% des travaux prévus liés à Covid », a déclaré Andrea Ammon, ajoutant que le nombre de visites sur le site web du centre et de demandes émanant des médias n'avait jamais été aussi élevé. (Sophie Petitjean)