« L'acceptation de violations des droits de l'homme ne peut pas devenir un élément de la politique migratoire européenne », a déclaré la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović, lors d'un échange sur le sauvetage en mars des migrants organisé lundi 15 mars par la commission des libertés civiles (LIBE) du Parlement européen.
À cette occasion, Mme Mijatović a présenté son rapport du 9 mars consacré aux sauvetages de migrants en Méditerranée (EUROPE 12674/29). Ce texte révèle une situation alarmante : 26 000 décès ont été documentés et ils auraient pu être évités par des dispositifs adéquats, a rappelé la Commissaire, qui a également dénoncé les 20 000 interceptions et retours vers la Libye permis par les États européens alors que de graves violations des droits de l'homme y sont perpétrées.
Cette attitude date d'avant la pandémie de Covid-19, qui ne doit pas être une excuse, a-t-elle précisé. L'action des États européens riverains de la Méditerranée avec le soutien des autres États membres s'impose.
« Du point de vue de la Commission européenne, la recherche et le sauvetage en mer représentent un obligation au regard du droit international », a pour sa part déclaré Nacira Boulehouat, chef d'unité au service aux Migrations et aux affaires intérieures de l'institution européenne. Elle a annoncé la création d'un groupe de contact sur ce thème qui tiendra sa première réunion lundi 22 mars. Ce groupe devrait inclure les États membres et d'autres « protagonistes pertinents » tels que les ONG représentées devant la commission LIBE par Kiri Santer d'Alarm Phone.
Interpellée par certains eurodéputés, Dunja Mijatović a déclaré que ces associations agissaient parce que les États se sont soustraits à leurs responsabilités et qu'aucune enquête ne confortait les allégations de complicité avec les passeurs. (Véronique Leblanc)