Le directeur général de l’Agence internationale à l’Énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, a expliqué, mardi 16 mars, que le programme nucléaire iranien était « chaque jour plus dynamique » et qu'il avançait dans des domaines interdits dans le cadre du plan d’action global conjoint (JCPOA).
Lors d’une audition conjointe des commissions des affaires étrangères (AFET) et de l'industrie, de la recherche et de l'énergie (ITRE) ainsi que de la sous-commission ‘Sécurité et Défense’ (SEDE) du Parlement européen, M. Grossi a souligné l’accord « temporaire, bilatéral et technique » passé entre l'AIEA et l’Iran après la décision de Téhéran de limiter les contrôles de l'AIEA (EUROPE 12666/20).
« Nous avons pu assurer cette présence minimale, mais indispensable et, d’un autre côté, nous avons offert une fenêtre d’opportunité diplomatique qui s’étend sur 90 jours en espérant que, dans cet espace, les parties concernées pourront entamer un retour vers le JCPOA », a expliqué M. Grossi. « Sans présence de l’AIEA sur le terrain, tout espoir d’un accord crédible est impossible », a-t-il estimé.
Expliquant que toutes les parties à l’accord et les États-Unis devaient agir afin de revenir à une mise en œuvre complète du JCPOA, le directeur général de l’AIEA a reconnu qu’« avec la meilleure volonté du monde, beaucoup de choses se sont passées ces dernières années, beaucoup de matériel et de nouvelles capacités ont été accumulés » par l’Iran. « Même si nous disposions d’une baguette magique pour revenir dans le temps, il y aurait beaucoup de travail » ('housekeeping') à accomplir pour revenir à une situation acceptable.
Par ailleurs, M. Grossi a appelé l’Union européenne à continuer de coopérer avec l’agence internationale sur la sûreté nucléaire, mais aussi dans des domaines plus larges faisant appel aux techniques et aux technologies nucléaires, tels que la santé, la protection des cultures ou la lutte contre la pollution plastique. Selon lui, l’AIEA aide près de 130 pays à lutter contre la pandémie de Covid-19 via l'envoi de tests PCR. (Camille-Cerise Gessant)