Selon les chiffres officiels, au moins 2 400 migrants ont perdu la vie en Méditerranée entre juillet 2019 et décembre 2020, mais ce total doit sans doute être revu à la hausse, précise la Commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović, dans un rapport publié ce mardi 9 mars. Elle y dresse le bilan de la mise en œuvre, par les États membres de l'organisation, de sa Recommandation (2019) sur le sauvetage des migrants en mer. Et ce bilan est « déplorable sur le plan des droits de l'homme », constate-t-elle, ne pouvant relever que « quelques progrès limités ».
Mme Mijatovic met clairement en cause le retrait progressif des navires des États en Méditerranée, lié aux dispositions prises pour entraver les opérations de sauvetage menées par les ONG, les décisions prises afin de retarder les débarquements et l'absence de ports sûrs désignés. « Les activités de coopération avec des pays tiers se sont intensifiées », relève-t-elle par ailleurs, mais cela s'est fait « en dépit de preuves irréfutables de graves violations des droits qui y sont perpétrées ». La liberté laissée aux garde-côtes libyens pour intercepter les migrants le long de la route de la Méditerranée centrale est à ce titre particulièrement préoccupante.
Afin d'enrayer cette baisse dramatique de la protection en mer des migrants, la Commissaire appelle une nouvelle fois les pays européens à appliquer ses recommandations de 2019.
« C'est maintenant que les États membres doivent agir pour sauver des vies. Il s'agit là d'une question de vie ou de mort, mais aussi de la crédibilité de l'engagement des pays européens à l'égard des droits de l'homme », conclut-elle.
Lien vers le rapport : https://bit.ly/30xzd3D (Véronique Leblanc)