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Bulletin Quotidien Europe N° 12674
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POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique

L'UE se fixe de grands objectifs numériques à l'horizon 2030

Après le climat et le social, l'Union européenne propose de se fixer des objectifs numériques pour 2030 (EUROPE 12621/1, 12671/2). Mardi 9 mars, la Commission européenne a présenté des objectifs chiffrés pour la numérisation des compétences, des infrastructures, des entreprises et des services publics. Parmi ceux-là, figure l'idée de produire au moins 20% des semi-conducteurs de pointe et durables mondiaux.

 « Nous ne présentons pas seulement une vision, mais aussi une voie claire pour réussir une décennie numérique pour tous les Européens », a déclaré la vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager.

Elle a articulé les propositions autour de deux axes : d'un côté, une liste de principes numériques européens (comme la connectivité universelle ou les mêmes droits en ligne qu'hors ligne) et, de l'autre, une boussole numérique avec des objectifs communs.

Cette boussole permettra d'orienter la mobilisation des fonds européens, et, en particulier, de flécher 20% de l'aide découlant de la Facilité pour la reprise et la résilience, l'instrument budgétaire au cœur du Plan de relance européen Next Generation EU.

« C'est quand même 150 milliards d’euros qu’on va investir dans les 2-3 ans », a commenté le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton.

Des objectifs chiffrés 

Dans sa boussole, la Commission escompte notamment qu'en 2030, tous les foyers européens disposent d'une connectivité gigabit et que la totalité des zones habitées soient couvertes par le réseau de la 5G (alors qu'elles sont 14% en 2021). Elle voudrait aussi doubler la production de semi-conducteurs durables et de pointe, notamment les processeurs. Elle parle aussi de déployer 10 000 nœuds périphériques hautement sécurisés et neutres pour le climat sur le territoire européen et d'acquérir son premier ordinateur quantique de pointe.

En termes d'entreprises, elle escompte le développement de 250 licornes (start-ups valorisées à plus d'un milliard de dollars) dans l'UE, « soit une augmentation de 100% par rapport à 2021 ». Et en termes de services publics, elle voudrait que 80% des citoyens puissent avoir recours à un moyen d'identification numérique. 

Dans un entretien avec quelques journalistes la veille, Thierry Breton avait d'ailleurs confirmé à EUROPE la présentation fin avril de la proposition législative pour une identité numérique sécurisée, dite 'e-ID'. « Nous avons bien avancé », avait-il affirmé, gardant la date du 21 avril en ligne de mire.

Coopération internationale

La communication met également l'emphase sur la coopération internationale. Elle émet, par exemple, l'idée d'un « fonds de connectivité numérique dans une approche Team Europe » pour combler les grands écarts de connectivité tout en promouvant une approche centrée sur l'humain. 

Plus globalement, la Commission affirme qu'elle défendra des règles du jeu équitables sur les marchés numériques, un cyberespace sécurisé et le respect des droits fondamentaux en ligne dans une boîte à outils qui reste à créer.

Cette communication fait suite à plusieurs courriers adressés par les dirigeants européens. Après un courrier cosigné début mars par l'Allemagne, la Finlande, le Danemark et l'Estonie, six pays européens ont écrit aux présidents du Conseil européen et de la Commission, lundi 8 mars, pour défendre la souveraineté numérique dans des marchés ouverts (EUROPE 12670/15).

Dans ce courrier vu par EUROPE, la Tchéquie, le Luxembourg, la Belgique, la Lettonie, la Suède, la Lituanie, l'Irlande et la Pologne préconisent un bon équilibre entre auto-détermination et ouverture, rappelant que la confiance et l'innovation sont deux faces d'une même pièce. Ils y plaident pour un marché unique numérique de l'innovation, l'élimination des barrières aux services en ligne transfrontaliers et la libre circulation des données.

Suivi

L'ensemble des propositions feront l'objet de consultations spécifiques. Les principes numériques seront ensuite traduits, d'ici à fin 2021, dans une déclaration interinstitutionnelle qui complétera le socle européen des droits sociaux.

La boussole, elle, fera l'objet d'un programme de politique numérique au troisième trimestre 2021. Celui-ci sera suivi annuellement via un système permettant de constater les progrès réalisés par l'UE et les États membres sur la voie de l'ambition numérique à l'horizon 2030. 

Enfin, la Commission planifie de réaliser chaque année une enquête Eurobaromètre spécifiquement dédiée au suivi de la perception des Européens sur les questions numériques.

Lien vers la boussole numérique : https://bit.ly/3etUS5j (Sophie Petitjean)

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